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Chronique
La télé décortiquée : les séries et leurs fins pas toujours réussies
Paru le 11/03/2017 (mis à jour à 10:53:08)
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Les amateurs de séries ont tous connu au moins une fois cette frustration : une fin bâclée ou décevante, des séries qui durent inlassablement dont on ne voit pas le bout... Bon nombre de séries font face à des fins qui ravissent peu les téléspectateurs et déçoivent. Quelques exceptions colorent néanmoins ce triste tableau.

Les séries qui ne savent pas s'arrêter à temps

  • Grey's Anatomy

La série est toujours en cours de production et de diffusion aux Etats-Unis. Actuellement à sa douzième saison, Grey's Anatomy s'étire en longueur et commence à être sérieusement à bout de souffle. Quasiment tous les personnages de départ sont partis au compte goutte pour diverses raisons : ceux qui portent la série sur leurs épaules (Meredith Grey, Alex Karev et Miranda Bailey) font un pas en avant et deux en arrière. Aucune véritable intrigue ne se profile pour eux et la destination de leur vie semble improvisée à chaque épisode. Quant aux personnages qui avaient été mis en lumière lors des dernière saisons (Kepner, Avry, Arizona ou Jo), ils disparaissent parfois du paysage pendant plusieurs épisodes. En résumé, on tatonne et on ne comprend pas où la série veut nous amener. Il est grand temps d'admettre que Grey's Anatomy traine en longueur et aurait du se finir il y a bien longtemps, comme par exemple avec la mort du deuxième personnage central : Derek Sheperd, il y a une saison de cela...

  • How I met your mother

Le but initial de la série est de découvrir qui est la femme de Ted Mosby et la mère de ses enfants. Durant toute la série, les épisodes commencent et terminent avec un plan sur les enfants de Ted, ce dernier racontant son passé avec sa bande d’ami. Le spectateur est donc extrêmement curieux de connaître l’identité de « la mère » et ce, pendant 8 saisons. Dans la neuvième saison (la dernière), le spectateur rencontre enfin la mère : Tracy Mc Connell.

Cette dernière saison déroute le téléspectateur : elle est particulièrement centrée sur le mariage de Barney et Robin. Or, le dernier épisode de la série va complètement détruire ce que la saison avait pu mettre en place, mais aussi la série. On apprend en quelques minutes seulement dans un flashforward, que Barney et Robin divorcent finalement dans le futur et que cette dernière, perd contact avec la bande d’amis (sauf épisodiquement avec Ted). Ce dernier quant à lui, perd sa femme à la suite d’une longue maladie. Toute l’intrigue de dernière saison est réduite en néant en quelques minutes. La série fait une sorte de boucle dont le spectateur se serait bien passé : Ted demande à ses enfants s’il peut refaire sa vie avec Robin, son amour de toujours (qu’ils appellent Tante Robin). Cet amour n’est pas une nouveauté puisqu’on le découvre dès l’épisode pilote. Une fin sous forme de retour en arrière qui (en plus d’être totalement dépourvu d'originalité et de surprise), donne l’impression que tous les rebondissements dans la vie personnelle de Ted durant les 9 saisons n’auront finalement servi à rien. "Tout ça pour ça"...

  • Once Upon A Time

Lorsque le téléspectateur s'écrit "encore ?!" devant le scénario de la saison d'une série, c'est que la coupe commence à déborder et que l'histoire se suicide par manque d'originalité. La série de la ABC Studios ne mène nulle part. A plusieurs reprises, il est impossible de ne pas se sentir abusé lorsque des redondances scénaristiques sont soulignées par les personnages eux-mêmes. La sensation de "déjà vu" est le pire syndrome qui puisse arriver à une série et Once Upon A Time réitère l'expérience inlassablement. Pourtant, une avalanche de princesses issues de l'univers de Disney avait su donner un coup de fraîcheur sur le paysage de la série : Elsa et Anna de la Reine des Neiges, Mulan, Merida/Rebelle ou encore Cendrillon étaient les bienvenues (sans parler d'Arthur, le roi de Camelot).

Malheureusement les producteurs de la série les balayent rapidement et reviennent aux anciennes intrigues. Ils multiplient les malédictions, Régina (ou Rumple/Gold) redevient la méchante de la série lorsqu'il n'y a plus personne sous le coude, l'histoire d'amour entre Charmant/David et Blanche/Mary Margaret est de nouveau menacée, Emma doute d'être une sauveuse à la hauteur, Hook/Killian n'est pas un pirate au passé glorieux... Cela en devient lassant. Le téléspectateur commence à décrocher, s'ennuie et voit toujours les mêmes têtes. La sixième saison en cours de diffusion est de train de signer l'arrêt de mort de Once upon a Time. Les chiffres parlent d'eux-mêmes :  le 23 octobre 2016, la plus mauvaise audience de la série a été réalisée par le sixième épisode de la dernière saison ("Dark Waters"), avec seulement 3 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis, soit une baisse de plus de 75 % par rapport à l'épisode pilote en 2011...

  • Scandal

La série Scandal repose entièrement sur la relation passionnelle qui lie Olivia Pope au Président américain Fitzgerald Grant. La passion de leur amour n'a d'égal que leur dévouement pour le pouvoir et pour les Etats-Unis. Cependant, leur liaison finit lors de la saison 5 et la saison 6 est en cours de diffusion. Voilà donc plus d'une saison que les deux personnages ne font que se croiser brièvement dans les couloirs de la Maison Blanche. L'intérêt même de la série se voit alors remis en cause : la maitresse du Président n'est-elle là que pour jouïr de son addiction au pouvoir et à la fréquentation du bureau oval ? Fitz semble dépourvu du quelconque intérêt pour Liv, à partir du moment où son mandat arrive à expiration. C'est un constat regrettable : lorsqu'un Président est prêt à déclarer une guerre pour sauver celle qu'il aime, il est difficile d'imaginer que leur amour s'éteint si rapidement. La stérilité du couple Liv-Fitz déçoit grandement et constitue un tournant plus que majeur pour la série. L'identité de celui ou celle qui accèdera au poste le plus coinvoité au monde, devient la seule et unique intrigue. Le téléspectateur doit se faire à l'idée que Scandal n'aura plus (semble-t-il) de fondement sentimental et qu'il regardera désormais uniquement une version féminine de House of Cards.
 

Les fins ratées

  • Lost, les Disparus

Après trois premières saisons de haut vol (qui ont réunis chacune plus de 16 millions de téléspectateurs), la série de J.J. Abrams commence à s'emmêler les pinceaux en superposant trop d'intrigues. Entre récits sur l'île, flashback dans le passé de tous les personnages, manipulations, secrets, intérêts personnels et les mystères de l'île qui se multiplient, le téléspectateur commence à être totalement perdus. Le scénario se complexifie beaucoup trop, certains éléments scénaristiques ont des dénouements rocambolesques... Trop, c'est trop. Les six saisons ne sont malheureusement pas justifiées. La fin de Lost est certainement celle qui a certainement fait le plus débat au sein de l'univers des séries. Pas un spectateur n'a pu rester indifférent face à l'absurdité de ce ending. Trop de questions restent sans réponse et la série laisse derrière elle un goût d'inachevé. S'il fallait résumer la série par sa fin, elle se présenterait comme suit : les personnages sont morts depuis le début, bienvenue dans un purgatoire, sorte de salle d'attente avant la mort et avant l'enfer. Une grande majorité des téléspectateurs ont crié au scandale.

  • Dexter

Entre les années 2006 et 2013, une série provoque un engouement : Dexter, le tueur en série qui travaille à la criminelle de Miami. Dexter suit un schéma qui fonctionne à chaque saison : un ennemi met Dexter en danger avant que ce dernier ne l'attrape et rende justice. Simple mais terriblement efficace : le tueur de glace, le Boucher de Bay Harbor, Michael Prado, Trinity, les Tueurs de l'Apocalypse se succèdent sans que cela devienne redondant pour le téléspectateur. Malheureusement, la série commence à s'essoufler à partir de la saison 6 et les deux dernières manquent cruellement d'énergie. Impossible de ne pas être grandement déçu lorsque l'on regarde le dernier épisode. Un tueur comme Dexter n'avait que deux issues possibles : être abattu (ou arrêté par la police) ou se suicider. Ces options auraient permis à la série de connaître une fin à la hauteur du personnage sanguinaire. Pourtant il n'en est rien et Dexter simule sa mort pour refaire sa vie ailleurs. Cette fin n'en est pas une et décrédibilise Dexter. Une déception qui est souligné par le producteur : Showtime refusait de tuer son personnage principal. Le producteur de la série, John Goldwyn a déclaré à Vulture :

Ils ne nous laisseront jamais le tuer. Showtime a été très claire à ce propos. Quand on leur a déballé nos idées pour la dernière saison, ils nous ont juste dit ‘soyons clairs : il va vivre.’ Nous avons envisagé de nombreuses fins et beaucoup discuté, car terminer la série était un problème très intéressant à résoudre. Les gens ont une relation avec Dexter, même si elle n’a pas la taille et la férocité des fans de Breaking Bad. Mais elle a un noyau d’adeptes très fidèles.

Le dernier mauvais choix d'une longue série qui commençait à sérieusement ternir le génie de cette série. Après l'apotéose de la saison 4 (qui reste indéniablement la meilleure de la série), Dexter a changé de visage : ses états d'esprit et ses remises en question s'estompaient et le meurtre devenait une mauvaise habitude banale qui règle tous les problèmes.

 

Les fins grandioses

  • Hannibal

Une chose est indéniable lorsque l'on regarde la série Hannibal dans son intégralité : les créateurs de la série savaient pertinemment où ils voulaient amener leur création dès le début. Mélange entre une grande virtuosité, un esthétisme indéniable et une poésie lugubre, Hannibal se classe immédiatement dans ces grandes séries qui marquent leur époque. L'intelligence de ce scénario n'aurait pu être si parfait s'il s'était prolongé au delà des trois saisons. La fin, pourtant quelque peu prévisible, ne pouvait connaître d'autres issues. NBC a signé un coup de génie et a su réussir une série de son premier épisode jusqu'à la dernière seconde. Du génie à l'état brut qui a laissé les téléspectateurs au sommum de la jouissance. De l'art inégalable. Difficile d'en dire davantage.

  • Breaking Bad

Tout comme Hannibal, les créateurs de Breaking Bad partaient d'un point A pour aller précisément à un point B prédéfinini. La dernière saison est d'une qualité irréprochable : le rythme est soutenu, la tension est palpable et le téléspectateur souffre avec les différents personnages aimés ou détestés au fil de la série. Breaking Bad se termine avec un retour de Walter White à Albuquerque. Alors qu’il s’était enfui en Alaska et qu’il avait changé d’identité, il décide de revenir pour se venger. Tous les arcs narratifs sont conclus, aucune question ne reste en suspens : la série se conclut magistralement. La scène finale de la série montre un Walter White mortellement blessé après avoir sauvé Jesse, son acolyte de toujours. Il déambule dans un hangar où sont rangés des ustensiles utiles à la fabrication de Méthamphétamine. Sur le point de mourir, Walter White dit donc adieu en même temps que le téléspectateur à son personnage d’Heisenberg dans ultime pied de nez : il meurt à l’instant même où il allait être arrêté par la police. Un chef d’œuvre qui a su trouver parfait mot de sa fin.

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