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Chronique
Zoom sur... les festivals de musique en France
Paru le 16/03/2017 (mis à jour à 13:07:39)
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Les français sont des fêtards et sont des fans invétérés de musique. En dehors d'une fête nationale, environ 1 800 festivals de musique ont lieu chaque année à travers tout l'hexagone. Véritable passion, engouement massif, tendance musicale : les festivals se multiplient à travers tout le pays. Zoom sur l'amour de la musique "Made in France" et ses principaux festivals tout au long de l'année.

  • La Fête de la Musique

En France, on fait la fête et on aime la musique depuis toujours. La preuve réside dans la création de “La fête de la musique” : la première édition officielle a lieu le 21 juin 1983. Rendue nationale, la Fête de la Musique correspond au solstice d’été soit, au jour le plus long de l'année (et donc à la nuit la plus courte) dans l'hémisphère Nord du globe. Au cours des années qui suivent sa création, la Fête de la Musique prend une ampleur considérable et se transforme en une sorte de concert national. Le succès est tel que rapidement, les pays frontaliers reprennent l'évènement. Après l'Europe, le Pérou, la Colombie, les États Unis, le Canada, la Suède se joignent à la  fête et en 2015, on estime que plus de 120 pays à travers la planète célèbrent la Fête de la Musique le 21 juin. Chaque année, on compte environ 18.000 concerts "officiels" dans l'hexagone, 5 millions de musiciens (amateurs ou professionnels) et plus de 10 millions de spectateurs. Et ces chiffres ne concernent qu’une seule journée et une seule nuit. Les festivals annuels eux, sont toujours de plus en plus nombreux dans l'hexagone. En France en 2015, la Sacem a recensé 1.887 festivals, principalement répartis sur la période estivale et sur tout le territoire. 42% d’entre eux ont entre 11 et 25 ans et seulement 10 % ont plus de 26 ans.

  • La multiplication des festivals de musique

La multiplication des festivals coïncide avec la banalisation de styles musicaux encore peu répandus il y a dix ans de cela. On pense notamment à la musique électro qui ratisse de plus en plus large en terme de public et désormais, on compte 28% de festivals "jazz" contre 24% de festivals "électro". Le rock, les musiques traditionnelles et la variété se partagent le reste des scènes françaises. À noter néanmoins un record de longévité pour le festival des Filets Bleus (Bretagne) qui a soufflé cette année ses cent dixième bougies.
En 2013, les festivals plus fréquentés ont été :

  1. Jazz In Marciac (à Marciac) : 250.000 spectateurs
  2. Les Vieilles Charrues (à Carhaix) : 208.000 spectateurs
  3. Solidays (Paris) ex æquo Printemps de Bourges : 170.000 spectateurs
  4. Nuits de Fourvière (à Lyon) : 157.000 spectateurs
  5. Les Eurockéennes (à Belfort) : 127.000 spectateurs
  6. Les Francofolies (à La Rochelle) : 120.000 spectateurs
  7. Rock en Seine (à Paris) : 118.000 spectateurs
  8. Main Square Festival (à Arras) : 105.000 spectateurs
  9. Nuits Sonores (également à Lyon) : 103.000 spectateurs

On peut aussi ajouter Le Hellfest, le Festival de Carcassonne la Prom'Party et le Nice Jazz Festival à Nice, We love green à Paris et Calvi on the rocks en Corse.

  • Les régions françaises entrent en compétition

En 2014, on a compté 2 709 200 festivaliers dans tout l'hexagone. En tête des régions les plus festives, on retrouve la région Île-de-France avec 153 festivals à son actif, talonnée de près par la région Rhône-Alpes qui en regroupe 137. La région PACA atteint quant à elle la troisième position du classement avec 107 festivals dans l'année. Évidemment, ces trois régions sont surtout de grands foyers de peuplement et des zones touristiques attractives. Leur domination en matière d'investissement culturel n'est pas une surprise. Cependant, une étude similaire de la Sacem réalisée en 2011 plaçait la région PACA en tête du classement; la région Île-de-France était seulement en troisième. Ces régions leaders sont donc en concurrence constante et se disputent la première place.

  • Une participation des artistes en plein croissance

Outre l’organisation, il faut également évoquer les artistes dont le nombre d’invités ne cesse d’augmenter. Le Printemps de Bourges et le HellFest détiennent les records du nombre d’artistes présents sur leurs scènes avec 179 artistes pour le premier et 180 pour le second. En 2014, les artistes les plus programmés sont : Fauve avec 15 dates, M avec 12 et Stromae avec 11 concerts. Certains artistes sont plus que des habitués. Au sommet du podium en 2015, on trouve Louise Attaque, Jain et L.E.J., qui se sont produits respectivement 25, 22 et 19 fois cette année. Derrière eux, le trompettiste Ibrahim Maalouf, Jeanne Added, le groupe niçois Hyphen Hyphen, en sixième position, et le duo de rock-électro The Shoes. Finalement, les festivals, c’est un avantage pour tout le monde. Pour les festivaliers, c’est un moyen d’avoir plusieurs concerts en même temps, le même jour, au même endroit avec un seul billet. Cela évite de courir aux quatre coins du pays pour multiplier les concerts.

Pour les artistes, c’est du pain béni : promotions, mis en lumière avant ou après la sortie d’un nouvel album, concert devant des centaines de milliers de personnes ce qui, selon l’artiste, n’aurait pas forcément été possible au vu de sa notoriété. C’est une expérience unique et la meilleure exposition possible. Ceux qui ne font plus de tournées reviennent de temps en temps pour ne pas tomber dans l’oubli ou annoncer un retour imminent dans les studios.

  • Et la rentabilité dans tout cela ?

Côté financier, les festivals ont généré 155 millions d'euros de billetterie en 2015, soit « 30% de la billetterie du spectacle vivant dans les musiques actuelles » (Sacem). Niveau tarifs, il faut compter entre 45 à 200 euros la journée ou le pass de plusieurs jours. Le ticket le plus cher revient au Hellfest avec 79 € la journée et le moins cher "Les nuits secrètes" à 10 euros. Pourtant, les festivals français figurent au bas du palmarès des manifestations les plus onéreuses, affichant des prix modérés par rapport à leurs concurrents (là où le Hellfest va coûter 79 € en France, son jumeau Page 18 sur 34 suédois "Sweden Rock" va coûter 140 €). C’est également un lieu de consommation : nourriture, alcool, gadgets électroniques, locations d’emplacement pour les tentes, accessoires de camping, boutiques de vêtements etc.

Finalement, les festivals sont une bonne affaire, rentable, tendance et qui est bien loin de s'essouffler. Si de nombreux désavantages existent (prix, mobilité, déplacement etc...), les festivals permettent de réunir un grand nombre d'artistes au même endroit, le même jour et de faire la fête entre amis et passionnés. C'est tout ce qui compte, non ?

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