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Critique
"Alibi.com" : le mensonge a de l'avenir
Paru le 01/03/2017 (mis à jour à 23:58:38)
Note rédaction
Note internautes

L'équipe déjantée de Babysitting 1 et 2 est de retour dans un film aux références comiques multiples et au casting assez impressionnant. On sourit plus qu'on ne rit aux éclats, mais l'intention est bonne malgré le titre et annonce un renouveau du genre indéniable et original.

Paris, France, de nos jours. Grégory (Philippe Lacheau) dirige une société moderne aux intentions pas toujours louables : il livre à ses "clients" des alibis en béton pour toutes sortes de prétextes (adultère, repas de famille que l'on veut éviter à tout prix, absence prolongée au travail ou à l'école, etc.). Quelle que soit votre demande, son équipe, composée d'Augustin (Julien Arruti) et d'un nouvel élève, Mehdi (Tarek Boudali), se met littéralement en quatre pour vous satisfaire et vous protéger contre toute éventuelle fuite de vos magouilles, des plus petites aux plus grosses, quitte à rendre votre compte en banque bien plus à découvert que votre jardin secret.

Fort de son petit succès encore anonyme, Grégory se fait embaucher par un certain Jean-Claude (Didier Bourdon) dans le but de lui obtenir un week-end tranquille avec sa maîtresse (Nawell Madani) sans que sa femme (Nathalie Baye) ne soit au courant. Dans le même temps, il rencontre Florence (Elodie Fontan), une juriste phobique du mensonge traquant le moindre petit écart de conduite de chacun, dont le père n'est autre que le même Jean-Claude (ou Gérard pour les intimes). Les calculs sont vite vus et vite faits : les quiproquos s'enchaînent et, alors que Grégory ne veut pas dévoiler son métier à Florence de peur de la perdre, mais se voit également dans l'obligation de mentir à la mère de celle-ci, les situations les plus cocasses vont alors se succéder afin de rendre le tout le plus savoureux possible.

Dans la veine de Babysitting, on retrouve ici encore une fois un peu le même schéma, à savoir des jeunes gens plus si jeunes que ça mais toujours un peu fous et exaltés, en proie à leurs propres mensonges, qui partent souvent très (trop?) loin, le tout face à des adultes pas forcément plus recommandables, mais qui ont toujours un lien avec la fille convoitée par les différents personnages de Philippe Lacheau, en particulier les pères de celles-ci. De là à y voir un côté obsessionnel et oedipien, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons pas afin de rester dans les limites de la comédie, car ce genre de relation fait aussi partie intégrante du genre en soi, et ce film ne déroge pas à la règle.

Comme dans les précédents films de la Bande à Fifi (leur nom de scène à l'époque où ils officiaient sur Canal+), on retrouve des acteurs à la notoriété incontestable dans le fameux rôle du père de la jeune fille à séduire, en l'occurrence Gérard Jugnot dans le premier Babysitting, Christian Clavier dans le second opus et Didier Bourdon dans ce film-ci. Cela permet notamment de jouer sur les références de Philippe Lacheau et consort qui, comme tout être humain né dans les années 80, n'ont pas pu échapper aux Bronzés ou aux sketchs devenus mythiques des Inconnus. On sent d'ailleurs très clairement l'inspiration de ces deux modèles comiques s'il en est.

Du côté féminin, on retrouve avec plaisir Nathalie Baye dans un rôle comique et Elodie Fontan, aperçue notamment dans la série "Clem", qui possédait déjà un second rôle dans Babysitting 2. La première récupère un peu ici le personnage à caution "femme plus âgée" interprété dans Babysitting par Clotilde Courau et, dans un registre bien plus âgé et plus drôle, Valériane de Villeneuve dans le second volet, qui jouait le personnage tordant et pas du tout exagéré de la grand-mère en fauteuil roulant un peu acariâtre qui finit en parachute. Ici, pas de cascades extraordinaires, mais une Nathalie Baye étonnamment drôle et une Nawell Madani désopilante dans un personnage caricatural à l'extrême qui révèle un vrai talent, contrairement à celle qu'elle incarne.

Pour répondre à la question que tout le monde se pose, à savoir "est-on vraiment plié de rire tout le film ?", la réponse est non, soyons honnêtes, mais le tout n'est vraiment pas désagréable à suivre, bien que, comme toujours, on en ait vu un peu trop dans la bande annonce. Toutefois, quelques "guests" auxquels on ne s'attend pas nous font la surprise de débarquer pour de petits rôles, et honnêtement, ça fait plaisir. On n'a pas réellement de fous rires toutes les cinq secondes, malgré la présence de quelques répliques bien cinglantes et étonnantes qui déclenchent l'hilarité générale pendant quelques minutes. On sourit également pas mal à l'évocation de quelques références dont on sent qu'elles sont importantes pour Philippe Lacheau car elles reviennent dans chacun de ses films. Ca sent fort les années 80 et 90, et ce n'est évidemment pas pour nous déplaire.

En définitive, un petit film bien sympathique dont on peut peut-être attendre la diffusion à la télévision. Les acteurs ont certainement beaucoup d'avenir, à condition d'éviter le piège dans lequel sont tombés à la fois les Bronzés et les Inconnus, à savoir réunir à tout prix les mêmes protagonistes dans un schéma qui se répète un peu trop et peut finir par lasser, voire carrément par sombrer en voulant dépeindre des personnages trop caricaturaux. Il faudrait que la petite bande songe à s'écarter un peu de leur cadre comique préétabli car, bien qu'il fonctionne pour l'instant, il ne faudrait pas tomber aussi dans l'étiquette bien française du vaudeville qui pourrait leur coller à la peau et les empêcher de faire autre chose par la suite.

En outre, le côté prévisible des films comiques n'est plus à démontrer, ce qui est encore le cas ici. L'objectif n'est évidemment pas d'en faire des thrillers, mais il faut bien avouer qu'un peu d'inattendu ne ferait pas de mal dans ce registre compliqué à réaliser et tellement facile à critiquer négativement derrière, en partie en raison de la mention "française" derrière le terme de "comédie". Philippe Lacheau et ses compères tentent encore une fois tant bien que mal d'exorciser ce phénomène en se rapprochant du comique américain, mais on en est encore loin malgré le renouveau et le vent de fraîcheur qu'ils apportent. Reste à savoir si ce vent ne pas finir par tourner afin de leur donner la dimension qu'ils méritent, autrement dit celle d'amuseurs publics, qui ne peut finalement que nous faire du bien. Si c'était l'ambition réelle de leur prestation, elle est sans nul doute louable et aboutie.

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