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Critique
"Baby Boss" : un mini patron sur mesure
Paru le 27/03/2017 (mis à jour à 13:58:18)
Note rédaction
Note internautes

Ce nouveau film d'animation DreamWorks va certainement plaire aux petits et aux grands grâce à des scènes plus que cocasses et des références que seuls les adultes comprendront, le tout avec un scénario particulièrement original et les bons sentiments qui vont avec, mais qui restent modérés, contrairement à ce bébé sans scrupules qui est loin d'en tenir une couche.

Etats-Unis, de nos jours. Le petit Tim, 7 ans, est un enfant choyé par ses parents qui s'occupent de lui à 100 % et ne pensent qu'à son bonheur, même après une longue journée de travail au sein d'une compagnie qui vend des chiens et toutes sortes de produits qui se rapportent aux animaux de compagnie. Chaque soir, il a donc droit à toute leur attention avant d'aller dormir et chaque jour, ils imaginent ensemble des mondes peuplés de monstres pour vivre des aventures incroyables sorties tout droit de l'imagination débordante du petit garçon. Tout se passe ainsi jusqu'à l'arrivée d'un intrus qui va s'avérer bien plus dangereux que tous les croque-mitaines de la Terre : un petit frère. Mais attention, pas n'importe quel petit frère, un être petit par la taille mais qui va très vite prendre une place un peu trop grande pour Tim et imposer sa loi avec toute sa clique.

Oui, car ce bébé vengeur et autoritaire d'un nouveau genre n'agit pas seul. "Formé" comme d'autres à travailler dans la grande entreprise qui distribuent les nouveau-nés (quoi ? Ce n'est pas comme ça que ça se passe ?), et non pour vivre avec une famille, il s'allie avec d'autres bébés afin de faire tomber le nouveau chouchou des enfants et des parents : le chiot. Ensemble, ils ont pour mission de refaire basculer la balance du côté des nourrissons en matière de mignonnerie et de joie dans toutes les familles du monde entier (qui, comme souvent, semble se résumer aux Etats-Unis). Il va alors faire vivre un enfer à ses nouveaux parents, mais aussi et surtout à Tim, qui a très vite compris ce qui se tramait et qui souhaite à tout prix se débarrasser de cet imposteur qui boit du petit lait quand il voit que les adultes le préfèrent à son nouveau grand frère et le croient forcément bien incapable de commettre quelque délit que ce soit.

Comprenant que ce parasite disparaîtra définitivement de sa vie s'il mène sa mission à bien, Tim, qui ne rêve que de ça depuis son arrivée, prend finalement le parti de l'aider afin de gagner du temps et de faire ce que le bébé ne peut pas faire, notamment en raison de sa taille. Pendant ce temps, leurs parents ne se doutent de rien et ne voient pas qu'ils délaissent leur premier né au profit de ce nouvel arrivant qui fait évidemment semblant d'être simplement un bébé un peu difficile et au caractère fort devant eux. Il les accapare le plus possible dans le seul but de n'éveiller aucun soupçon en les réveillant justement le plus possible la nuit et en les transformant en véritables zombies humains.

Au-delà d'un univers très enfantin, parfois un peu trop, les plus grands vont peut-être reconnaître des situations vécues, car l'arrivée d'un nouvel enfant n'est jamais facile. Ils apprécieront aussi le personnage fort original du bébé qui possède des attitudes typiques des adultes et parlent comme eux tout en utilisant ce qu'il a à portée de main, comme un jouet téléphone qui va lui servir de véritable combiné pour appeler sa "boîte" et rendre compte du déroulé de sa tâche. Il porte également des costumes qui n'ont rien à voir avec les gigoteuses d'un bébé de son âge, comme une sorte de mini trader ou un tout petit acteur sortant tout droit de Men in Black. On notera aussi une attitude de patron pro du management sans ménagement. Il dirige ainsi une équipe composée d'autres bébés de tous genres, un peu comme une Agence tous risques en culotte courte qui tente de retrouver une certaine importance aux yeux des grands qui fondent devant eux, mais malheureusement pas autant que devant un chiot.

Adaptée d'une bande dessinée de Marla Frazee, les voix américaines des personnages n'ont pas été choisies au hasard et sont bien plus connues que les françaises. Pour incarner le fameux Baby Boss, Alec Baldwin a accepté de lui prêter sa voix à la demande du réalisateur, Tom McGrath, après avoir travaillé avec lui sur le film d'animation Madagascar 2. A noter qu'au départ, c'est l'acteur Kevin Spacey qui devait doubler le personnage de Francis Francis, le patron des parents, mais il a été remplacé par Steve Buscemi, comédien à l'allure sombre de films cultes mais à l'opposé de celui-ci comme The Big Lebowski ou Reservoir Dogs. Les parents sont quant à eux doublés en VO par Lisa Kudrow (ex-star de Friends) et Jimmy Kimmel (star de late show et récent maître de cérémonie des Oscars). Côté français, malheureusement aucun nom connu à l'horizon, si ce n'est le petit Timothé Vom Dorp, aperçu récemment dans Dans la forêt, qui prête sa voix au rôle principal de Tim dans une première expérience de doublage réussie.

Le visuel de ce film d'animation fait partie des points très positifs. Chaque détail a été pensé pour nous faire entrer dans un véritable univers de tout-petit, ce qui fait qu'on est souvent à hauteur de bébé. Le monde des adultes n'est pas vu comme un ennemi, mais plutôt comme une réelle nécessité lorsqu'on est enfant, ce qui n'est pas négligeable. En outre, la morale est sauve si on part du principe qu'après s'être livrés une guerre sans merci, les deux (faux) frères deviennent complices, voire plus, afin de sortir indemnes de la situation qu'aucun des deux n'a réellement choisie. La vision très américaine de la fratrie n'est donc pas endommagée, comme on aurait pu le croire au vu du pitch de départ. C'en est presque dommage, d'ailleurs, et la deuxième partie du film en devient presque décevante car un peu trop sentimentale. Mais d'un autre côté, cela donne une image positive d'une relation familiale qui n'était pas gagnée d'avance.

L'autre message assez clair concerne la richesse, en particulier la richesse intérieure, car si Tim a tout ce qu'il désire en matière de jouets, il réalise assez rapidement que bien que sa chambre soit remplie à ras bord, la présence de ses parents a une valeur que rien ne pourrait remplacer. Il en va de même pour le petit patron qui, n'ayant jamais eu de famille auparavant, rêve avant tout d'évoluer dans son entreprise en venant à bout de cette mission, mais il se rend compte finalement lui aussi que ce qui compte vraiment, ce sont les gens qui nous entourent. Loin du personnage de gangster au cigare de Baby Herman, aperçu dans Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, sorti en 1988, ce Baby Boss nous fait tourner en bourrique et nous émeut en même temps. Bien sûr, on ne va pas expliquer sur un grand écran à des enfants comment on fait vraiment les bébés, et cette idée de sélection n'est certes pas forcément la bonne, mais elle a le mérite d'être originale et on ne peut nier que très souvent, les bébés sont effectivement ceux qui font la loi à la maison de par leur incapacité à communiquer autrement que par des pleurs. Reste à expliquer aux enfants plus grands, et surtout aux vrais, que les lois de la nature et de certains adultes prévalent dans le monde réel.

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