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Critique
"Beauté cachée" : émotions retrouvées
Paru le 16/01/2017 (mis à jour à 13:13:29)
Note rédaction
Note internautes

On ne va pas se le cacher, la première chose qui donne envie de voir ce film, c'est le casting impressionnant digne d'une soirée privée des Oscars. On s'attend alors un peu à une histoire mielleuse avec des acteurs qui s'auto-congratulent et se regardent jouer, mais il n'en est rien, car bien qu'un peu larmoyant, ce film reste une réussite et une belle surprise.

New York, Etats-Unis, de nos jours. Howard (Will Smith) dirige avec son ami Whit (Edward Norton) une agence de publicité réputée et fructueuse. Trois ans après avoir annoncé fièrement à ses employés que les éléments les plus importants du succès étaient l'amour, le temps et la mort, on retrouve Howard dans un état dépressif avancé après avoir vécu une des pires tragédies qui soient pour tout être humain. Il va au bureau, mais passe ses journées à faire des dominos, comme si tout le reste paraissait inutile. Au-delà du fait d'avoir l'air un peu fou, ses collègues commencent à sérieusement s'inquiéter également pour sa santé physique. Ils tentent de l'aider en passant lui amener à manger ou en lui proposant des sorties, mais rien n'y fait. Howard vit dans un autre monde pour mieux supporter celui qui l'entoure et qui le fait tant souffrir.

Alors que Noël approche, Howard, plus seul et triste que jamais, se lance dans une tentative vaine d'écrire de véritables lettres aux fameux trois piliers qu'il vantait auparavant à qui voulait bien l'entendre afin de leur dire ses quatre vérités. Quant à Whit, lors d'un casting, il rencontre Amy (Keira Knightley), une jeune comédienne qui devrait apparemment plutôt travailler dans la pub. Fasciné par cette femme, Whit la suit et découvre qu'elle répète dans un tout petit théâtre avec deux autres comédiens (Helen Mirren et Jacob Latimore). C'est alors qu'il a l'idée un peu farfelue et désespérée d'engager ces trois acteurs afin de faire croire à Howard que l'amour, le temps et la mort existent réellement en tant que personnes mais que lui seul peut les voir. Au départ sceptiques, ses employés et amis (Kate Winslet et Michael Peña) décident de le suivre et finissent presque par y croire eux-mêmes.

En lisant le pitch, on imagine de suite un film un peu trop sentimental, à la limite du pathétique, mais c'est toujours là que l'humour prend le dessus. Car oui, sans être hilarant, ce film n'est toutefois pas dénué de scènes coquasses qui nous font sourire, comme par exemple celles où Howard est censé être le seul à voir les trois comédiens. Tout est évidemment prévu à l'avance, mais ça fonctionne bien. Il n'y a évidemment pas beaucoup de suspense, mais on a réellement envie de savoir si Howard va finir par s'en sortir et comprendre que le vie vaut la peine d'être vécue malgré tout et le jeu de ces grands acteurs rend l'ensemble très agréable à suivre. Quant à la fin, elle est surprenante et inattendue, ce qui n'est pas pour nous déplaire car on ne sait jamais à quoi s'attendre de ce genre de productions où on en fait généralement un peu trop dans le mélodrame. Ce n'est pas vraiment le cas ici, même si, bien sûr, le sujet reste grave et assez lourd. On ne peut pas dire que le ton soit vraiment léger, mais disons que l'on alterne entre sourire et larmes sans déplaisir.

L'enfance fait partie intégrante des thèmes de ce film. Bien que elle aussi cachée ou peu évoquée directement au début, comme un sujet tabou, on comprend rapidement que le but est avant tout de toucher la corde sensible de chacun d'entre nous avec des événements universels. On songe aussi bien à nos propres enfants qu'à ceux que l'on connaît, ceux que l'on a perdus, simplement de vue ou plus, ceux que l'on a connus ou à celui que l'on a tous été. De la même façon, ce film nous fait réfléchir sur notre propre relation à la mort, à l'amour et au temps, éléments là encore universels et essentiels à la survie de chaque être humain. La peur de la mort, la recherche de l'amour et la course après le temps sont effectivement les bases de ce qui nous fait avancer vers l'avenir, et il apparaît évident que lorsque tout cela s'évapore, on n'avance plus vraiment, ce qui est le cas de Howard.

La relation aux autres pourrait être une extension de ces thèmes, car si on songe à la relation que l'on entretient avec soi, on réalise qu'elle possède une influence non négligeable sur cette fameuse relation à ces autres que l'on côtoie, que l'on aime ou que l'on croit aimer, que l'on déteste ou simplement que l'on tolère dans nos vies. L'important étant d'échapper à l'indifférence, de ressentir quelque chose à tout prix afin de fuir ce vide que semble ressentir Howard. On réalise avec ce film que toute émotion est essentielle, qu'elle soit positive ou non, et que même si l'on pense toucher le fond, on finira toujours par remonter à la surface. Cela peut paraître assez "gnagnan", mais tout cela est montré et démontré de façon intelligente et modérée, et surtout, la morale est sauve.

Evidemment, on reste tout de même dans un film américain, donc il y a forcément des clichés et des éléments quelque peu exagérés, mais au fond, l'émotion prend souvent le dessus en toute simplicité. A noter que le réalisateur, David Frankel, est le même que celui, par exemple, du Diable s'habille en Prada et de Marley & moi, histoire canine avec Jennifer Aniston sortie en 2009 qui nous a tous tiré des larmes également. On est aussi ici dans les bons sentiments, mais on ne peut décemment pas rester insensible à ces vies finalement banales qui font écho aux souvenirs et à la compassion de chacun de manière naturelle. Sans aller jusqu'à dire que ce film peut avoir un effet quelconque sur la mentalité ou les problèmes que chacun peut rencontrer, on se dit qu'en définitive, on n'est peut-être pas si mal lotis et que, même si la mort a l'air sympathique, on n'a pas vraiment envie de la côtoyer de sitôt.

Enfin, même si le casting ne comportait aucune indication particulière au niveau de l'âge ou du physique pour chacun des rôles, on ne peut croire que le choix soit totalement anodin. La mort, interprétée par Helen Mirren, est représentée par une personne plutôt âgée mais encore très belle. L'amour, lui, en la personne de Keira Knightley, est vu par conséquent comme une jeune et jolie femme trentenaire souriante, alors que le temps est incarné par un très jeune homme qui a la vie devant lui, à savoir Jacob Latimore. Les trois sont évidemment étrangement liés, mais le symbolisme est ici assez parlant : la mort serait âgée mais classe, douce et pleine d'ironie, l'amour serait plein d'entrain, attirant et passionnée, et enfin, le temps serait, lui, insouciant et éternellement jeune. Tout cela n'est pas foncièrement faux. On peut donc imaginer que le hasard a bien fait les choses en choisissant ces acteurs. Ou peut-être est-ce juste le destin.

Pour en savoir plus sur Will Smith :

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