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Critique
"Saturday Night Fever" : de la danse sinon rien !
Paru le 01/03/2017 (mis à jour à 23:23:14)
Note rédaction
Note internautes

Enfilez vos plus belles tenues de lumière et perruques afro, Saturday Night Fever a débarqué au Palais des Sports de Paris ! Si ce show survitaminé à la mise en scène particulièrement soignée réussit le pari de nous mettre des paillettes plein les yeux, il lui manque toutefois un petit supplément d'âme…

5… 4… 3… 2… 1… Projeté sur un rideau circulaire situé au centre de la scène, un compte à rebours électrisant a commencé. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la production du spectacle musical Saturday Night Fever, à l'affiche du Palais des Sports de Paris depuis le 9 février 2017, a l'art de faire monter la pression. Pour l'occasion, la salle s'est parée de paillettes et de boules à facettes savamment suspendues ici et là au plafond. Et avant que le show ne démarre, c'est une playlist très disco qu'il nous est donné d'entendre et qui achève de nous plonger dans l'ambiance des années 1970 et du film Saturday Night Fever, sorti sur les écrans en 1977. Puis le spectacle commence dans un déferlement de couleurs, de paillettes et de danseurs virevoltant au son du tube le plus célèbre des Bee Gees, "Stayin Alive", modernisé et retravaillé pour l'occasion comme le seront la plupart des autres morceaux du spectacle. Puis Gwendal Marimoutou, en parfait maître de cérémonie, plante le décor et s'amuse à distribuer les rôles – première originalité pour ce début de spectacle. L'histoire peut commencer…

Cette dernière est similaire au film de John Badham, à quelques édulcorations près : Tony Manero, un jeune italo-américain, vit sous le même toit que ses parents à Brooklyn et mène une existence morne, simplement rythmée par ses journées de travail à la quincaillerie Fosco et les guéguerres entre bandes rivales. Méprisé par son patron et rabaissé par son père, il parvient à conserver une certaine estime de lui-même en entretenant un narcissisme exacerbé et un caractère imbuvable. Son exutoire ? La boîte de nuit disco l'Odyssée, où il se transforme tous les samedis soirs en chef de bande et surtout en roi du dancefloor… il y fera la rencontre de Stéphanie Mangano, une danseuse hors-pair avec qui il se lance dans un concours de danse et entretiendra une relation ambiguë et mouvementée.

Dans les rôles principaux de Tony et de Stéphanie, on retrouve respectivement le danseur québecois Nicolas Archambault (So You Think You Can Dance) et la flamboyante Fauve Hautot (Danse avec les stars). Laquelle est clairement LA star du spectacle. En témoigne son arrivée sur scène bien après celle des autres, de sorte que les spectateurs se demandent à chaque instant à quel moment la rousse danseuse que l'on ne présente plus fera son apparition. Et lorsqu'elle débarque enfin, les cris et les applaudissements fusent. Il faut dire que Fauve Hautot danse à merveille et possède un charisme magnétique lorsqu'elle est sur scène. C'est clair, on ne voit qu'elle. Parfois au détriment de son partenaire, Nicolas Archambault, dont les talents de danseur ne sont également plus à prouver mais qui peine à exister dans l'ombre de Fauve. Malgré tout, lorsque le couple danse, il embrase le dancefloor… ce qui compense largement les quelques moments de comédie qu'ils partagent. Le jeu des deux personnages principaux (et surtout du premier rôle masculin) laisse en effet parfois à désirer, entre défauts d'articulation, manque de conviction et des dialogues un peu faiblards. Mais il faut l'avouer, l'histoire du film en elle-même ne leur laissait pas beaucoup de marge de manœuvre et se prêtait peu à des prouesses de comédien.

De même, on regrette un peu l'absence de musiciens jouant en live. La musique du spectacle (exclusivement des tubes des Bee Gees, comme dans le film) est entièrement sur bande-son. En revanche, le trio de chanteurs composé de Stephan Rizon (vainqueur de la saison 1 de The Voice), Flo Malley (The Voice saison 1, Disco, Love Circus) et Nevedya est vocalement irréprochable, même s'il ne bénéficie malheureusement d'aucun moment de comédie et n'interagit jamais avec les autres personnages du show… La prestation de Fanny Fourquez (Salut les Copains, Disco, Love Circus) dans le rôle de l'éternelle groupie de Tony, Annette, est également à saluer et nous offre l'un des rares (voire le seul) moment d'émotion du spectacle lorsqu'elle se voit rejetée par Tony et interprète un déchirant "If I Can't Have You", version down-tempo.

Mais le principal point fort de Saturday Night Fever, outre ses chorégraphies ébouriffantes, c'est assurément sa mise en scène et sa scénographie signées Stéphane Jarny et Stéphane Roy. Savant mélange de projections vidéos et de décors mobiles impressionnants, elle nous fait passer de manière très fluide des rues de Brooklyn à la boite de nuit l'Odyssée en passant par la chambre de Tony et la salle de répétitions. On retient tant bien que mal des « waouh » à chaque changement de décor tant tout est fait pour nous en mettre plein les yeux. L'interaction entre Tony, interprété sur scène par Nicolas Archambault, et ses parents, joués par deux comédiens dans des scènes projetées sur un écran, est également plutôt innovante et bien pensée. Dernier atout du spectacle, et pas des moindres : la présence de Gwendal Marimoutou (Le Roi Lion, The Voice saison 3, Résiste), impeccable dans le rôle de Monty, le DJ et narrateur que l'on retrouve tout au long du spectacle. Plein de pep's et d'entrain, il a la lourde tâche de mettre le feu à la salle pendant près de 2h30 et maîtrise à merveille le chant, la danse et la comédie. Pour sûr, cet interprète-là est taillé pour Broadway et a d'ores et déjà su se faire sa place dans les spectacles musicaux français…

Même si l'on a parfois davantage l'impression d'assister à un prime de Danse avec les stars qu'à un musical, Saturday Night Fever peut donc se targuer de proposer aux spectateurs du grand spectacle, à défaut d'émotion et de frissons et malgré un jeu très inégal des artistes. Mais si l'on est venu chercher des tubes disco, de la danse et des paillettes sans trop en demander plus, autant dire que le show remplit toutes ses promesses. Pour aller s'essayer aux moulinets et travailler son déhanché, il faudra donc se hâter au Palais des Sports avant le 30 avril 2017, ou bien se rattraper en tournée !

Pour en savoir plus sur Fauve Hautot :

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