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Critique
"The Boyfriend" : un petit ami qui prend trop de place
Paru le 02/02/2017 (mis à jour à 11:03:30)
Note rédaction
Note internautes

Les relations avec les belles-familles amènent souvent les situations les plus cocasses au cinéma. Preuve en est avec ce film drôle, bien qu'un peu prévisible, qui permet de passer un bon moment et de retrouver avec plaisir Bryan Cranston (Malcolm, Breaking Bad) et James Franco, plus délirant que jamais.

Silicon Valley, Californie, Etats-Unis. Stephanie (Zoey Deutch) est une jeune fille de 22 ans qui étudie à la grande université de Stanford alors que sa famille vit dans le Michigan. Très proche de son père, Ned (Bryan Cranston), elle est absente pour célébrer ses 55 ans. Pour y remédier, elle passe par Skype afin de lui laisser un message. Mauvaise idée, car c'est ce moment-là que choisit son petit ami un peu loufoque, Laird (James Franco), pour entrer dans sa chambre... et se déshabiller, tout cela le plus naturellement du monde. Ses parents mis devant bien plus que le fait accompli, Stephanie n'a d'autre choix que de leur présenter son amoureux, à leurs risques et périls.

C'est ainsi que la famille débarque chez Laird pour Noël et découvre une immense propriété forcément pleine de technologies, puisque ce dernier a fait fortune en créant un jeu vidéo pour adolescents que Scott, le petit frère de Stephanie, connaît bien. Une raison bien suffisante à ses yeux pour admirer le petit ami de sa sœur et tenter de l'imiter, aussi bien au niveau du langage fleuri que du comportement, et ce, au grand dam de ses parents, impuissants face à tant de richesse extérieure mais si peu de bonnes manières et de décence de la part de Laird. Voyant que sa femme semble quelque part elle-même impressionnée, Ned n'en est que plus furieux et un peu jaloux, il faut bien l'admettre. Il va alors tenter par tous les moyens de déstabiliser et décrédibiliser Laird qui, de son côté, assume absolument tout ce qu'il a et tout ce qu'il est, ce qui accroît d'autant plus la rage de son potentiel futur beau-père.

Tout cela donne évidemment lieu à des situations plus gênantes et comiques les unes que les autres. Entre une maison trop évoluée où on ne peut même pas faire ses besoins tranquille, un plafond qui vous parle, une décoration un peu trop personnelle, voire carrément obscène, une cuisine immangeable mais tendance, c'en est trop pour Ned. Il ne comprend vraiment pas ce que sa fille peut trouver de bien chez ce type qui a tout de même 10 ans de plus qu'elle mais se comporte comme un ado attardé qui aurait sans arrêt de nouveaux jouets. On comprend aisément qu'il craint aussi que ce dernier joue avec les sentiments de sa fille d'une manière aussi légère.

Toujours présent de près ou de loin sur les écrans, il faut bien avouer que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu James Franco, et honnêtement, ça fait du bien de le retrouver. Il a évidemment toujours la part belle, puisqu'il joue le premier rôle et que celui-ci lui permet de se lâcher complètement, mais ce personnage sans filtre n'est pas pour autant sans fond. Bien sûr, il s'éclate comme un gamin au milieu de son domaine, mais il se révèle plus intelligent et plus sensible qu'on ne le croit au premier abord. De plus, son apparence de jeune premier nous fait presque oublier qu'il approche de la quarantaine (son personnage étant supposé avoir 32 ans). On n'oublie pas non plus qu'il a commencé début 2000 dans la série Freaks and Geeks, culte aux Etats-Unis mais assez méconnue en France, dans laquelle il interprétait le beau gosse de service, un peu à l'image de Fonzie dans Happy Days, et où il a rencontré un de ses futurs frères d'armes cinématographiques, à savoir Seth Rogen (premier rôle dans En cloque mode d'emploi, Nos pires voisins ou encore scénariste de C'est la fin).

De son côté, Bryan Cranston revient à ce qui l'a fait connaître : la comédie. Aussi hilarant dans son personnage de père totalement dépassé dans Malcolm qu'inquiétant dans celui d'un delaer pas comme les autres dans Breaking Bad, on ne doutait pas que son talent éclaterait également un jour sur grand écran. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'en sort haut la main dans cette comédie bien sûr parfois surjouée afin de donner un coup de pouce à l'effet comique recherché, mais dans laquelle on trouve tout de même des éléments auxquels on ne s'attend pas, comme la présence très originale de Kaley Cuoco (Penny dans la série The Big Bang Theory), qui apporte un peu de fraîcheur et pourrait nous rendre paranoïaques quant au développement technologique à outrance. Tout est incontestablement démesuré, mais cela renforce l'idée de deux mondes bien distincts, celui de Ned et celui de Laird, qui s'avèrent être bizarrement plus semblables qu'on pourrait le penser. Là encore, on n'oubliera pas de mentionner la présence désopilante de Megan Mullally, mère de Stephanie et épouse de Ned, rendue célèbre, quant à elle, pour son rôle là aussi loufoque de Karen dans la série Will & Grace (de retour pour 10 épisodes en 2017). Tout ce beau monde du petit écran a donc fini par trouver sa place logique dans les salles obscures. Espérons pour eux que ça continue.

Du côté de la réalisation, on retrouve un spécialiste du genre : John Hamburg, scénariste de films tels que Mon beau-père et moi et ses suites, Zoolander, Polly et moi et réalisateur de la série comique New Girl. Nous sommes donc ravis qu'il ait pour un temps mis de côté son acteur fétiche, Ben Stiller, pour laisser leur chance à d'autres, qui le lui rendent bien. En parcourant toute sa filmographie, on découvre qu'il a fait participer de nombreux comédiens de télévision à ses films. Il n'est pas très étonnant d'en voir autant dans celui-ci, et ce n'est pas pour nous déplaire car, contrairement à la France, la télévision est plus souvent un véritable tremplin aux Etats-Unis. Ben Stiller n'est toutefois jamais loin, puisqu'il produit le film avec Jonah Hill (acteur spécialisé lui aussi dans des comédies telles que 40 ans toujours puceau ou, encore une fois, En cloque mode d'emploi) à qui l'on doit en réalité l'idée de l'adaptation.

Tous ces éléments autour de la télévision paraissent finalement logiques quand on sait que ce film est en fait l'adaptation d'une série télévisée britannique appelée Cuckoo, dans laquelle une jeune fille de bonne famille revient d'une année sabbatique mariée à un Américain délirant surnommé justement "Cuckoo" ("barjot" en français) et interprété par Andy Samberg, protagoniste principal remplacé par la suite par Taylor Lautner (Jacob dans la saga Twilight) dans le rôle du fils présumé du fameux Cuckoo, mais tout aussi extravagant. A noter que le personnage de la série est un grand adepte de la drogue, ce qui n'est pas le cas dans la version cinématographique, pour des raisons américaines évidentes. On notera également la présence dans la série de Helen Baxendale, actrice anglaise connue dans le monde entier pour son rôle d'Emily dans la série américaine la plus connue, Friends. Comme quoi, tout se rejoint. En conclusion, on passe un agréable moment avec The Boyfriend, on est ravis de retrouver Bryan Cranston et James Franco en grande forme, mais, pour le coup, on se réjouit aussi que ça ne dure pas 127 heures. 

Pour en savoir plus sur James Franco :

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