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Interview
Interview de Dumè
Paru le 16/06/2014 à 14:23

Avant de faire entendre sa voix, Dumè posait ses mélodies sur le papier pour d'autres artistes : Johnny Hallyday, Faudel ou encore Natasha St Pier. Mais c'est aujourd'hui sur le devant de la scène et avec sa propre voix que Dumè défend ses chansons. On découvrait il y a quelques années son single "Je ne sais rien faire". Puis, il est entré dans la lumière aux côtés de M. Pokora sur le spectacle Robin des Bois, dans lequel il interprète le méchant shérif de Nottingham. Il sort ce 16 juin son album La Moitié du Chemin. Un album pop produit par les fans chez My Major Company. Le chanteur sera aussi sur scène à la rentrée dans le spectacle Le Bal des Vampires sous l'égide de Roman Polanski : entre album et comédies musicales, le chanteur nous parle avec fierté de tous ses projets. 

Bonjour Dumè. Ca fait déjà un bout de temps que tu fais de la musique. Peux-tu nous raconter ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

 J’ai grandi entre la Corse et Marseille. Je suis issu d’une famille de musiciens : un père guitariste et accordéoniste, un grand-père qui chantait. J’ai des souvenirs de belles images de famille et de musique qui se mélangent bien. J’ai commencé la guitare à 12 ans, puis j’ai intégré le conservatoire de Marseille où j’ai été initié au classique, j’ai appris à placer ma voix, j’ai travaillé l’art lyrique, j’ai appris plein de choses sur l’opéra pendant des années. Mais je gardais dans un coin de ma tête, l’idée, l’envie de composer de la pop.

Donc j’ai commencé à peaufiner mes mélodies tout doucement, je m’étais fait un petit home studio, un truc minuscule à la maison. Un jour j’envoie une quinzaine de mes CDs à des maisons de disques à Paris (à cette époque là j’habitais à Bastia en Corse). Je reçois une réponse, celle de Pascal Obispo. Son assistant m’appelle et me dit "bonjour, Pascal a écouté vos chansons, et il les trouve super, il aimerait vous rencontrer". Je monte à Paris, je rencontre Pascal Obispo qui me propose d'intégrer sa maison d’édition et de bosser avec lui  pour placer des chansons. Moi je dis OK, et je monte m’installer à Paris, c'était il y a neuf ans. Un mois après je plaçais pour Faudel, puis pour Johnny Hallyday, après ça allait très vite. J'ai commencé à travailler dans le milieu de la musique à ce moment là.

Neuf ans après, tu sors donc ton premier album, La moitié du chemin... ça a été une longue histoire…

J’ai commencé à travailler dessus il y a quatre ans. Il y a eu un premier single qui s’appelle "Je ne sais rien faire" qui est sorti. On a eu pas mal de radio, pas mal de clips télé, il s’est passé plein de choses,… et au bout de un an, l’album allait être finalisé, et des producteurs sont venus me chercher pour jouer dans Robin des Bois. Il y a eu quelques mois de castings, de préparation, jusqu’à ce que j’arrive à décrocher le rôle du shérif de Nottingham aux côtés de Matt Pokora en Robin. Du coup, j’ai mis l’album en standby pour pouvoir me focaliser sur la comédie musicale pendant les deux dernières années. On connaît le succès de Robin des Bois.

Mais en contrepartie, ça m’a permis de composer de nouvelles chansons et de peaufiner l’album plus que ce qu’il aurait été si il était sorti à l'époque, et par dessus tout de fidéliser des fans, de me faire connaître par beaucoup de monde. On a fait 800 000 spectateurs avec Robin des Bois, 210 shows à peu près entre Paris, toute la France, Belgique et Suisse. Donc Robin des Bois s’arrête le 29 juin donc mon album est terminé il sort le 16 juin, voilà !

Pourquoi avoir choisi My Major Company pour le produire ?

Parce que je trouvais super l’idée d’être produit par de simples auditeurs qui aimaient une chanson et ont décidé de la produire. Il y en a qui ont mis jusqu’à mille euros pour produire mon album, j’ai fait 100 000 euros en un mois et une semaine. Et l’équipe me plaisait.

Chez Obispo, tu écrivais pour les autres. Ici, tu as écrit pour toi, en quoi c’est différent ?

C’est un peu différent : on prend plus de liberté quand on écrit pour les autres parce que on leur laisse le choix d’oser des choses ou pas. Et c’est vrai que des fois on a un peu peur : peur de me mettre des barrières finalement. On a plus de doutes quand on écrit pour soi-même que quand on écrit pour les autres en fait. Et ce qu’il y a d’intéressant dans cet album, c'est qu'il m’est arrivé d’écrire des chansons pour d’autres personnes qui finalement n’ont pas été retenues et que j’ai gardées pour moi. J’ai trouvé ça intéressant et finalement c’était une belle coincidence parce qu’elles me collaient bien.

Tu as écrit de nouveaux titres en cours de route. Pourquoi ne pas être tout simplement reparti de zéro après Robin des Bois ?

Parce qu’il y a des chansons auxquelles je crois beaucoup et qu’il était hors de question que je les jette à la poubelle ou que je les garde dans un tiroir de mon studio... ça c’était hors de question. Donc il y en a certaines que j’ai retravaillées, il y en a deux que j’ai sorties finalement parce qu’elle ne me correspondaient plus. En quatre ans on change énormément, surtout pour un chanteur, un artiste, ce qu’on a envie de dire change beaucoup. Par contre il y en a certaines qui ont été rajoutées, dont "Maman m’avait dit" qui est le nouveau single. Donc comme quoi, c’était peut-être une bonne chose d’attendre !

Tu as travaillé avec une équipe d’auteurs, dont Lionel Florence, comment ça s’est passé ?

C’est Lionel Florence et Nicolas Nebot sur les textes. Nicolas Nebot qui a écrit beaucoup pour les comédies musicales : Dracula, Mama Mia, Robin des Bois, La Belle et la Bête, Sister Act,... et qui écrit Le Bal des Vampires en ce moment. C’est lui qui est l’auteur de "Maman m’avait dit" d’ailleurs. Et c’est avec Lionel Florence. Ils se sont pratiquement partagé tout l’album. Lionel Florence, on a bossé plusieurs fois ensemble. C’est deux personnes qui me connaissent quand même bien, donc ils ont vraiment écrit pour moi, perso. Ca s’est passé vraiment naturellement, j’écrivais des mélodies ou ils m’envoyaient des textes et je composais dessus.

Beaucoup d’artistes pop français chantent en anglais, et pas toi. Pourquoi ?

Parce que je pense que c’est important quand même de promouvoir la langue française. Evidemment c’est plus facile de chanter en anglais, c’est clair. Déjà, la pop musique, comme elle est aujourd’hui, elle a été créée autour de l’anglais. C’est normal que ça sonne mieux. Du coup, c’est la facilité d’aller choisir l’anglais, évidemment ça ouvre beaucoup plus de perspectives, parce que des fois certaines mélodies qui sonnent très pop anglaise c’est difficile de les faire sonner en français. Moi après j’ai envie de défendre ma langue. J'ai envie d’entendre plus de chanson française dans les radios, parce que malheureusement on entend beaucoup beaucoup d’anglais. J’adore ça, c’est important de le préciser, mais il faut promouvoir les artistes français. Si on ne le fait pas, notre culture va prendre un énorme coup. Il faut faire très attention avec ça !

On retrouve sur ton album des sonorités à la Maroon 5 sur certains morceaux, mais il y a aussi des titres qui rappellent du Mickaël Miro ou du Florent Pagny. Quelles sont tes influences ?

J’aime tellement de choses que j’ai du mal à me cantonner dans un truc ! Les belles carrières, c’est les carrières riches. Moi je pense qu’il faut faire des choses différentes. Ca veut pas dire que je vais faire un titre de salsa, un titre de rap, un titre de classique et un de reggae dans le même album, ça veut juste dire que il faut pas se cantonner juste à un format que tout le monde attend parce que c’est le format qui marche du moment.

J’ai juste envie de faire la musique qui me plait, je me suis pas vraiment posé de questions. J’ai essayé de faire en sorte qu’il y ait une certaine cohérence dans les chansons parce qu’il faut essayer de faire un package pour que les gens aient des points de repère, je peux comprendre ça, et après peut-être passer à autre chose sur un autre album, pas de problème. Par contre j’avais pas envie de me cantonner à une seule chose. J’ai envie de faire les choses que j’aime sur le moment, rien de plus.

Tu as attendu la sortie de cet album pendant quatre ans, on y est, pas trop stressé ?

Je suis hyper anxieux, je me demande ce que va être la réponse des gens, ce que je vais avoir comme retours. J’ai pas peur des critiques, j’aime les critiques quand elles sont constructives et qu’elles sont vraies. Souvent on a des critiques hyper mauvaises par des gens anonymes sur Internet, que ce soit pour moi ou pour les autres, qui sont aberrantes. Ca, ça me touche pas une seule seconde, ça me fait même rire. Par contre si une critique est constructive, je suis le premier à la prendre et je la prend vraiment avec honneur pour essayer de faire mieux et d’apprendre à chaque fois.

Tu as des concerts de prévus ?

Des concerts, pas encore, parce que je pars sur une autre comédie musicale. Donc pas pour le moment, mais il va y avoir pas mal de plateaux radio, des plateaux télé. Je vais y défendre "Maman m’avait dit" et mon album. 

Passons donc aux comédies musicales. Tu es encore en plein Robin des Bois, comment ça se passe ?

Il reste vingt shows, on arrête le 29 juin. On est un peu entre les deux : en même temps on a un peu envie de faire autre chose, parce que c’est vrai qu'après 210 dates de Robin des Bois, au bout d’un moment on a envie de vivre un peu d’autres expériences. Mais en même temps c’est aussi un peu de tristesse de me dire que je quitte une famille qui était importante et avec laquelle on a vraiment vécu ensemble pendant deux ans. Y a eu des joies, y a eu des peines, y a eu des petites disputes, y a eu des choses de la vie. Alors évidemment, rien de grave. Mais c’est ce qui a fait qu’on a réussi à créer un beau spectacle et je pense que c’est aussi ça qui a fait qu’il y a eu un beau succès autour de la troupe, qui finalement était bien choisie parce qu’on a réussi à amener chacun une petite pierre à l’édifice pour faire ce qu’est la comédie musicale aujourd’hui.

On est restés à Paris trois mois, on a fait 90 shows à Paris. Après on a fait 120 shows en tournée. La tournée est beaucoup plus difficile : le fait de dormir dans des hôtels, c’est beaucoup plus fatiguant. J’aimais bien rentrer dormir chez moi, parce que je retrouvais mon petit havre de paix, où je me sens bien et reposé. Et le fait là de rentrer dans des hôtels et de changer de ville à chaque fois, c’est plus dur. En même temps le public est tellement gentil, les gens sont tellement cools avec nous, qu’évidemment c’est toujours dans de supers conditions, on est toujours bien. 

Comment as-tu vécu cette notoriété soudaine ?

Franchement je me pose pas la question. Je prend l’exemple de la Star Academy : on prend des gens qui ont jamais fait ce métier, on les fout dans un château, on les met à la télé, je peux comprendre que ça rende dingue, ils sont pas préparés. J’ai tellement galéré, j’ai tellement attendu, j’ai tellement bossé, je me suis tellement remis en question, j’ai tellement eu des peines parce que ça marchait pas, parce que ça avançait pas, parce que c’était difficile... qu’au final la vraie récompense c’est pas le fait que on m’arrête dans la rue en disant "ah vous êtes Dumè, le shérif de Nottingham". 

La vraie récompense c’est qu’un public se lève pour acclamer une performance, un beau spectacle, parce qu’on a bien chanté qu’on a bien joué son rôle, ou qu’on a fait un beau concert avec son album. Je pense que c’est la chose la plus important. Après, "juste" des fans, ça n'a jamais fait une carrière. Le plus important c’est de rester, vraiment, garder sa ligne de conduite et constamment se remettre en question pour bosser.

Nouvelle étape pour toi, le Bal des Vampires. Comment se passe la préparation avec Roman Polanski ?

Ca y est, on a déjà commencé à faire quelques prises de voix en studio, on a fait quelques rendez-vous qui se sont bien passés. C’est toujours très impressionnant, parce qu’on se retrouve face à un monstre sacré. En plus d’avoir dirigé les plus grands en France il a dirigé les plus grands dans le monde, et la on est carrément passés à une étape vraiment au-dessus.

Je pense que c’est une chance qui se présente une seule fois dans la vie, voilà. Il faut pas la rater, il faut se démerder d’être bon, de n’importe quelle manière mais il faut se démerder d’être bon sur scène on n’a pas le choix, voilà ce que ça me fait ! Après oui, se dire que le mec a découvert Jack Nicholson, a dirigé Johnny Depp, a réalisé « Le Pianiste » et a été oscarisé, c’est pas rien ! C’est la chance d’une vie.

Quel est ton rôle dans le spectacle ?

Je joue le rôle du comte Krolock, qui est le rôle phare de la comédie. C’est un vampire dans tout ce qu’on s’imagine, c’est à dire dans le costume, il a les cheveux longs jusqu’en bas du dos, il est très blanc, on sait pas vraiment quel âge il a mais on comprend qu’il a pas mal d’années voire de siècles. Mais il y a un côté assez mystérieux. Contrairement à ce qu’on peut croire c’est un spectacle qui fait beaucoup rire, c’est une comédie. Dans le sens où on joue avec les clichés des vampires, que ce soit vraiment les dents, l’ail… on va pas voir Robert Pattinson dans Twilight, quoi ! Lui il va plus ressembler à un Tom Cruise dans Entretien avec un vampire. C’est un spectacle pour tous, il va y avoir je pense de belles séquences émotion, un gros côté grand spectacle mais aussi un bon côté comédie, justement, par rapport à Polanski, qui aime aussi faire rire et faire jouer. Il aime mettre en scène des gens et les mettre dans des contextes dont on ne pourrait pas imaginer. Ca promet un spectacle très beau.

Un mot de la fin pour nos lecteurs ?

Continuez de rêver, c’est très bien !

Visionnez le clip de son nouveau single "Maman m'avait dit" :

Références :

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Twitter officiel de Dumè !

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