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Interview
Interview de Jacob Whitesides
Paru le 21/09/2016 (mis à jour à 13:49:00)

Jacob Whitesides a à peine 18 ans et a déjà sorti deux EP, fait plusieurs tournées dont une avec les Fitfh Harmony, est le PDG de son propre label, et réunit plus de 5 millions de fans sur ses réseaux sociaux. Le jeune américain a franchi une nouvelle étape ce 9 septembre : il a sorti son tout premier album, Why?. De passage à Paris, il nous a parlé de ce premier opus, de sa carrière et de ses fans français avec passion et une grande maturité, rare chez les artistes de son âge.

Bonjour Jacob. Comment vas-tu et comment se passe ton voyage européen ?

C’est génial ! Je ne suis là que pour quelques jours, mais c’est fantastique ! Je me prépare à la sortie de mon premier album, ce qui est évidemment très excitant. J’ai fait pas mal de promo radio aux Etats-Unis, j’ai voyagé de ville en ville. Il me reste quelques jours ici et ensuite, je retourne à New York. Je vais y faire le Today Show, ce qui devrait être incroyable, et quelques autres grosses émissions. Ensuite je pars pour une tournée avec Ben Rector. Donc il se passe plein de choses en ce moment, j’ai été pas mal occupé avec le lancement de l’album !

Pourrais-tu me raconter ton histoire avec tes mots ?

Quand j’étais petit, je faisais pas mal de sport, et je n’étais pas vraiment intéressé par la musique, du moins jusqu'à mes 13 ans. Je suis allé à un festival de musique bluegrass avec ma famille. En fait, je ne voulais vraiment pas y aller ! Mais au final, j’ai été vraiment inspiré ce jour-là. C’était un concert de country au milieu de nulle part et ça m'a beaucoup touché. Après ça, j’ai supplié mes parents pendant deux semaines de m’acheter une guitare et j'ai tout doucement commencé à chanter. J’ai toujours baigné dans un milieu musical : mon père jouait, et j’ai rejoint son groupe qui faisait des reprises dans des bars. J’ai fait ça pendant un an et demi, et petit à petit je suis passé au monde des réseaux sociaux. J’ai commencé à poster des vidéos sur YouTube, en essayant de faire comme Justin Bieber et tout ces artistes qui faisaient des choses vraiment cools et innovantes. Je tenais à répondre à chaque personne. Il n’y avait pas beaucoup de gens au départ, c’était un tout petit groupe de fans, mais ils étaient vraiment loyaux. Je me suis lié d’amitié avec eux. Un jour, Liam Payne de One Direction postait des reprises des chansons de son groupe, et ma petite fanbase n’arrêtait pas de lui tweeter les miennes ! Il a fini par le remarquer et a partagé une de mes vidéos. Beaucoup de fans sont venus à ce moment là, j'ai continué à discuter avec tous ces gens pendant une bonne année.

Finalement, je suis parti en tournée, avant même d’avoir mes propres chansons. Je jouais des reprises et c’était vraiment fun. Et puis, il y a un an et demi environ, j’ai écrit mon premier EP et c’était vraiment un super moment, de passer de reprises sur YouTube au monde de l’écriture, de la composition. Après la sortie de cet EP, j'ai fait une tournée américaine (complète pour la plupart des dates)  et je suis venu chanter en Europe, c'était incroyable. Ensuite, j’ai sorti mon deuxième EP, Faces on Film et j’ai pu revenir en Europe pour plein de concerts. J’ai visité des endroits que je n’avais jamais visités ! Je suis venu à Paris, et j’ai fait trois concerts en une seule journée, c’était fou. Ce qui est super, en fait, c’est que je construis ma carrière progressivement, petit à petit ! J’adore ce chemin, partir de petits concerts dans des bars jusqu’à aujourd’hui, jouer des shows partout, je pense que je suis beaucoup plus conscient et reconnaissant de tout ce qui m’arrive.

Tu es aussi le PDG de ton propre label, comment as-tu réussi à accomplir ça à un si jeune âge ?

J’ai fait X Factor quand j’avais 14 ans, avant de connaître comment fonctionne l’industrie musicale. J’ai été éliminé assez vite, mais j’y ai rencontré pas mal d’amis. Et en voyant les différents chemins qu’ils ont pris – entre ceux qui ont signé en labels indés et ceux qui sont allés en majors – ça m’a donné une bonne idée de ce que je voulais. J’ai vu tellement de jeunes artistes signer des contrats avant d’avoir trouvé leur propre univers. Leurs labels les ont travaillés pour obtenir ce dont ils avaient besoin à ce moment-là. Ca m’a brisé le cœur de voir tous ces artistes perdre leur passion, ou être mis au placard et ne pas pouvoir sortir de musique. Donc j’ai décidé de construire moi-même ma carrière, jusqu’à avoir une bonne fondation. A ce moment là, j’ai crée mon propre label en partenariat avec BMG. C’est génial, vraiment. En plus de l’aspect créatif, où je peux faire ma musique comme je le veux, ça me permet de participer à part entière aux petites et grandes décisions dont beaucoup d’artistes sont écartés.

Tu écris déjà ta propre musique, tu aimerais écrire pour d’autres artistes ?

Absolument ! J’adorerais ! Je ne pense pas pouvoir faire des tournées jusqu’à la fin de ma vie, en fait ! J’adore faire des concerts et rencontrer mes fans, mais à partir d’un certain âge, j’aimerais me poser. Je continuerais évidemment de faire de la musique pour moi, mais je voudrais aider à développer d’autres artistes, co-écrire avec eux pour leurs albums. J’ai grandi dans le Tennessee, où il y a beaucoup de très bons compositeurs, notamment à Nashville, où je vis aujourd’hui. C’est un processus vraiment fun, et surtout c'est thérapeutique. J’ai travaillé avec plusieurs auteurs-compositeurs depuis mon premier EP jusqu’à ce premier album. Je suis vraiment proche d’eux, ça me permet de parler de sujets très personnels dans mes chansons. Ecrire, c’est ce que je préfère.

A propos de cet album, pourquoi l’as tu appelé « Why ? » ? Par rapport à la chanson qui y figure ?

C'est l'une de mes chansons préférées. En fait, c’est surtout qu'elle résume bien l’album, qui est une sorte d'auto-critique. Je trouvais que je ne prenais pas assez en compte mes propres actions dans mes relations, dans ma vie, et dans ma carrière. « Why ? » est une chanson qui me rappelle de réfléchir plus souvent sur moi-même.

Tu adores la chanson "Why?", j’ai lu que tu adorais aussi « Ohio ». Je me demandais quelle est la chanson dont tu es le plus fier ?

Il y a une chanson sur mon nouvel album qui s’appelle « You Told me So ». J’ai passé plusieurs jours à l’écrire. Très souvent, je suis inspiré par plein de choses et je note des centaines d’idées dans mon téléphone, en commençant à écrire. J'apporte ces débuts de chansons à une session d’écriture le lendemain, pour travailler avec d’autres auteurs-compositeurs. Mais cette chanson-là était vraiment spéciale, parce qu’elle a un sens très profond pour moi. C’est une réflexion sur moi-même, sur tout ce que je traversais à ce moment-là dans ma relation amoureuse. J’ai passé pas mal de temps tout seul à travailler dessus avant d’oser la montrer à quelqu’un d’autre. Alors cette chanson en particulier est ma préférée de l’album. Sur le moment, c’était difficile de trouver les bons mots pour décrire ce que je ressentais, mais une fois que c'était fait, c'était très gratifiant. Ce sont les paroles dont je suis le plus fier, et c’est agréable parce que j’en ai écrit la plus grosse partie.

Tu as l’air d'écrire de façon très productive, comment as-tu choisi quelles chansons figureraient sur ton album et celles qui seraient écartées ?

En fait, le processus d’écriture a été tellement rapide qu’une fois qu’on a eu terminé, il n’y avait que quelques chansons que l'on pouvait écarter. Je pense qu’elles seront sur d’autres projets, de toute façon. En y repensant, j’étais vraiment stressé parce qu’on avait très peu de temps ! Mais finalement, ça m’a aidé, parce que je pense que si j’avais eu plus de chansons, ça aurait été encore plus stressant de choisir, c’est trop compliqué ! En fait, c’était déjà compliqué mais je les ai toutes alignées, et je l’ai ai mis dans un certain ordre pour pouvoir raconter une histoire du début à la fin. Une fois que c’était fait, c’était plus facile d’enlever les chansons qui n’étaient pas cohérentes avec ce que je voulais raconter.

Et quelle était l’histoire que tu voulais raconter ?

Honnêtement, la plupart de ces chansons ont été inspirées de ce que j’ai vécu en Europe. Je suis venu un mois et demi, pendant lequel il y a eu un tas de hauts et de bas. D'un côté, c’était incroyable, parce que j’étais en tournée, mais de l'autre, c'était très compliqué. Ma copine de l’époque me manquait beaucoup. Cela faisait un an qu’on était ensemble donc c’était un moment un peu « test » où notre relation devenait vraiment sérieuse, et je ne pouvais pas être présent pour elle. Pendant le mois et demi où j’étais ici, elle est venu une semaine, donc ça c’était un bon moment. En fait, il n’y avait pas d’entre-deux : c’était soit super, soit très compliqué. Tu peux le voir dans le tracklisting quand tu écoutes l’album du début à la fin : il y a les hauts et les bas, dans l’ordre où ils sont survenus. Ca m’a vraiment aidé de pouvoir écrire en même temps que ça arrivait.

Tu viens du monde digital, qu’est-ce que ça te fait de tenir ton premier album dans tes mains ?

C’est fou ! Surtout au début, les réseaux sociaux, ça ne me paraissait pas réel. Mais partir en tournée, sortir mon album, ce sont des choses qui m’ouvrent les yeux et me montrent qu’en fait, tout ce qui m’arrive, c’est la vraie vie ! C’est aussi un peu stressant et flippant, parce que c’est la réalité, ça y est, mon premier album sort ! Mais j’ai travaillé tellement dur que je suis confiant. Tout ira bien !

Tes vidéos sont aujourd’hui très produites, par exemple le clip de « Focus » est  très travaillé. Est-ce que tu t’impliques dans ce processus créatif là ?

Absolument ! C’est moi qui ai eu l’idée du clip de « Focus ». Je ne sais pas pourquoi, mais depuis le départ, je voyais pour cette chanson une vidéo en une seule prise, où je ne quitterais pas la caméra du regard. Chris Crutchfield, le réalisateur du clip, a fait un travail incroyable. J’ai pu m’asseoir avec lui pour discuter de mon idée, et ajouter toutes ces distractions complètement dingues  en arrière-plan. J’adore avoir mon mot à dire sur ce genre de choses. Et le fait de travailler directement avec le réalisateur, c’est vraiment super !

En France, les gens ne connaissent pas vraiment la musique bluegrass ou la country. As-tu été surpris de leur réaction à ta musique, même si évidemment elle a ce côté pop ?

Un peu ! Je fais de la pop, mais évidemment il y a ce côté folk et cette influence country. C’est vraiment super intéressant de pouvoir apporter ce style et qu’ils l’apprécient. Enfant, je n’écoutant pas vraiment de country, mais maintenant que je suis plus grand, je l’apprécie vraiment. Chris Stapleton, le chanteur que j’ai vu à ce fameux festival de bluegrass, est toujours un de mes artistes préférés. J’adore aussi Mumford & Sons, eux ils font plutôt de la folk. Le fait de mettre toutes ces différentes inspirations dans ma musique pop, le fait d’importer ça ici et que ça fonctionne, c’est génial.

Quel est le plus beau compliment que tu as reçu ?

Honnêtement, je crois que c’est le fait que plein de gens qui ne soient pas dans ma tranche d’âge aient vraiment apprécié mon album. Par exemple, beaucoup de mes musiciens, qui sont beaucoup plus âgés, et même ma meilleure amie. Bon, elle a 20 ans, c’est pas si vieux… mais c’est un vrai soulagement. J’adore mes fans, j’adore qu’ils aient tous le même âge que moi, mais c’est vraiment cool que ma musique plaise aussi à des gens plus âgés.

Y a-t-il une question que personne ne t’a jamais posée, et à laquelle tu as envie de répondre ?

Sûrement ! Vas-y, pose moi une question complètement au hasard, et je te dirai si on me l’a déjà posée.

Tu m’as piégée ! Au hasard, est-ce que tu donnes des noms à tes guitares ?

Ah ! J’en ai donné à quelques unes de mes guitares, mais je garde ces noms secrets parce que c’est un peu embarrassant ! (Rires) J’ai une règle quand j’achète une nouvelle guitare : je l’appelle en fonction de la fille pour laquelle j’ai un faible à ce moment-là. Peu importe si je suis en contact avec elle ou pas ! Oui, c’est vraiment n’importe quoi, très spontané. Mais je ne révèle jamais ces noms. Il y en a qui sont des ex-petites amies, pour d’autres ce sont juste des "crush" complètement aléatoires qui n’ont jamais rien donné...

Tu as beaucoup de guitares ?

J’en ai environ huit, c’est pas beaucoup. Mais j’adore ça, donc il faut que je me contrôle, sinon ça deviendrait n’importe quoi !

As-tu un dernier mot pour tes fans français ?

Carrément ! Je suis vraiment très excité de revenir ici le 27 février pour ma tournée Lovesick. Les fans français ont vraiment une place spéciale dans mon cœur, le fait d’avoir fait ces trois concerts en un jour à Paris, c’était le jour le plus fou de toute ma vie !  J’adore la personnalité de mes fans français, et la personnalité de cette ville ! Je vous embrasse tous !

Pour rappel, Jacob Whitesides a sorti son premier album Why ? le 9 septembre dernier. Il sera en concert à La Cigale de Paris le 27 février et les places sont en vente dans tous les réseaux habituels.

Pour en savoir plus sur Jacob Whitesides :

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