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Interview
Interview de Marjolaine Piémont
Paru le 26/10/2016 à 13:15

Marjolaine Piémont vient de sortir son EP Presqu'un animal le 3 octobre. Célèbre, entre autres, pour sa participation dans la comédie musicale Mozart, l'Opéra Rock, la chanteuse nous emmène à présent dans son univers entraînant avec des textes mordants. Rencontre féminine avec la chanteuse.

Bonjour Marjolaine. Vous dîtes que c'est un concert de Barbara qui vous a donné envie d'être chanteuse. D'où vient votre univers musical aussi entraînant ?

Barbara a une palette d'émotions très multiple. Au départ, pour gagner sa vie, elle reprenait des chansons d'Yvette Guilbert qui étaient très drôles et très sensuelles. « Les Amis de Monsieur », par exemple, ou « Madame Arthur » qui sont vraiment des chansons un petit peu à double sens.

Les choses entraînantes, je les dois surtout à William Rousseau avec qui j'ai travaillé notamment sur les deux titres « A quoi ça sert » ou « Je suis bonne » et qui m'a fait ces mélodies entraînantes. « Un homme à poils » j'ai travaillé avec Vincent Baguian sur la mélodie, et « Femme mais pas d'un homme » avec Aldebert. « La Sol Do Mi », c'est moi qui ai fait la mélodie. C'est vrai qu'avec mes compositeurs, ce que j'aimais bien, c'était leur façon de raconter un texte qui peut être pas très rigolo sur une musique entraînante. « Je suis bonne » n'est pas un texte très rigolo sur la place de la femme vis-à-vis des hommes, mais j'aime bien que la musique ne soit pas redondante avec le texte et faire quelque chose de finalement léger sur une situation, même si la femme est un petit peu dans l'ombre de l'homme.

Vos chansons sont définies comme « féminines » et « mordantes », est-ce que vous êtes féministe ?

Je revendique d'être féministe. Je ne comprends pas les femmes qui ne sont pas féministes. Pour moi, féministe, ce n'est pas un gros mot, c'est une femme qui se bat juste pour avoir certains droits. Je ne suis pas du tout contre les hommes, mais je suis tout, contre eux ! C'est-à-dire que féministe ne veut pas dire anti-hommes, je pense que c'est justement un amour des hommes que j'ai, mais je pense qu'il faut aussi revendiquer qu'on n'a pas besoin d'être sous la tutelle d'un homme. Quand on voit dans les formulaires maintenant, il y a de moins en moins le terme de « mademoiselle » parce que les féministes ont travaillé là-dessus. Je ne vois pas pourquoi on est des mesdemoiselles et qu'on doit prendre le nom de famille de son père, et après prendre le nom de famille de son mari quand on se marie... On est sans arrêt sous la tutelle des hommes et je pense que c'est une époque un petit peu révolue et qu'il faut se battre pour ça. Ou alors, on appelle aussi les jeunes hommes « damoiseaux », je suis d'accord pour ça !

Quelles sont vos autres influences, mis à part Barbara ?

Je suis une grande fan d'autres chanteurs français. J'aime beaucoup les femmes qui chantent, qui écrivent. Jeanne Cherhal, aujourd'hui, est une chanteuse qui me plaît beaucoup, Clarika ou aussi Zazie. Et sinon, ce que j'écoute souvent c'est Neil Young, Alain Bashung, j'aime beaucoup leurs sonorités, et j'écoute aussi Jean-Louis Murat, j'aime vraiment beaucoup même si ce n'est pas forcément ce qu'on entend dans mes musiques. Ce sont des personnes que j'écoute, je connais vraiment bien leur album. Je suis aussi une grande fan d'Yvette Guilbert, c'est plus une interprète, mais j'aime beaucoup cette femme. J'adore aussi toutes les chanteuses réalistes comme Damia, Fréhel.

Est-ce que ça vous arrive d'écrire aussi des chansons un peu plus sombres que celles de votre EP ?

Oui, dans mon album il y aura des chansons plus sombres, mais toujours avec un second degré ou avec une touche de cynisme parce que les choses sombres, j'essaye de toujours les prendre avec légèreté.

Donc vous travaillez déjà sur un album qui fera suite à l'EP ?

Voilà. J'y ai déjà bien travaillé dessus et normalement j'espère qu'il va sortir en 2017. Je vais montrer un avant-goût de cet album le 7 décembre à la Manufacture Chanson. Je serai en concert et je présenterai tous les titres de l'album.

On retrouvera les titres de votre EP sur l'album ?

Oui, les 5 titres et encore 8 autres titres.

On va parler de Zazie, puisque vous faites ses premières parties. Comment s'est passée la première qui avait lieu la semaine dernière ?

Oui, je fais 5 premières parties sur sa tournée. J'étais vendredi soir à Rennes au Liberté, ça c'est bien passé. C'était devant 2000 personnes, c'est toujours étonnant de chanter devant 2000 personnes, ça n'arrive pas tous les jours. C'était très émouvant !

Et comment s'est fait la rencontre avec Zazie ?

J'ai mon producteur Vincent Baguian qui est un ami de Zazie. Par son intermédiaire, je lui ai présenté le projet, et Zazie a beaucoup aimé les chansons, dont « Je suis bonne » et elle m'a dit que ce serait bien que j'ai une vitrine et m'a demandé si je pouvais faire ses premières parties.

Vous avez deux univers musicaux qui sont assez proches, toutes les deux.

Peut-être dans les textes. Je suis assez admirative de ses textes. Après, au niveau de la musique, je pense qu'on est un peu éloigné. C'est un beau compliment parce que j'aime beaucoup les propos qu'elle défend, sur l'homosexualité par exemple. Certains de ses textes sont engagés comme dans « Tout le monde », et elle a des textes de femmes aussi comme « Chanson d'ami ». Et puis aussi j'ai travaillé sur l'album qui va sortir avec Phil Baron, qui est le frère de Zazie et qui a notamment fait les chansons comme « J'envoie valser », « Chanson d'ami » ou « FM air ». J'adore comment Phil Baron compose des mélodies, donc sur l'album il y aura deux mélodies de lui.

Vous avez chanté dans la comédie musicale Mozart, l'Opéra Rock. Est-ce que vous trouvez que l'univers de la comédie musicale est opposé à celui de la Chanson Française ?

C'est complètement différent. Dans la comédie musicale, je suis interprète, donc je n'interviens ni dans la musique, ni dans les paroles, donc c'est vraiment quelque chose d'assez éloigné où l'on nous demande de jouer, de chanter, c'est très différent finalement de mon projet. Mais ce que j'ai aimé dans cette aventure, c'est vraiment l'enthousiasme de partager des moments rares, des salles remplies comme ça. C'est un véritable enthousiasme de travailler sur des gros spectacles comme ça parce qu'on va à la rencontre de plusieurs villes, de plusieurs publics. Puis on travaille main dans la main avec tous les corps de métier du spectacle. C'est incroyable comme ça embrasse tout le spectacle, et c'est vrai que musicalement c'est très différent de ce que je peux vivre quand je chante mes chansons, mais quelle aventure merveilleuse, vraiment, de faire ça !

Enfin, sur votre site vous tenez un blog avec deux articles, est-ce qu'on peut s'attendre à voir d'autres petites anecdotes sur le métier, prochainement ?

Oui, il y en a une troisième qui est en cours de brouillon et qui va sortir. Ça concerne un des producteurs de Mozart, l'Opéra Rock, justement !

Vous pouvez retrouver Marjolaine Piémont sur son site web, mais aussi découvrir son EP sur DeezerVisionnez le clip du premier single de son EP « A quoi ça sert » :

Vous avez la parole

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