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Interview
Interview de Lili Poe
Paru le 22/11/2016 à 12:42

Lili Poe vient de sortir son premier EP Echos, reflet d'un univers inspiré par les grands espaces. Quelques heures avant son concert à La Boule Noire de Paris, elle avait accepté de répondre à nos questions.

Bonjour Lili Pøe. Ton EP vient de sortir, dans quel état d'esprit te trouves-tu actuellement ?

Je suis tout sauf stressée, au contraire. Je suis hyper contente que ça sorte, de pouvoir confronter ces chansons aux gens et surtout les laisser vivre. Ca y est, elles font leur propre vie. Je suis ravie d'avoir les retours des gens qui m'ont suivi depuis longtemps. C'est le début de quelque chose, donc je suis contente.

J'ai lu partout que tu avais un besoin criant de te faire entendre, ce titre « Echo » reflète ce sentiment que tu voulais retranscrire en musique ?

Je n'ai pas réfléchi comme ça. « Echo » est venu car j'ai une fascination depuis toujours pour les lieux qui résonnent de manière naturelle. Pendant que j'enregistrais l'album, on a fait des petites capsules sur internet où je chantais des reprises dans des lieux qui résonnent. Pendant un an, j'ai été psychopathe des lieux, dès que j'arrivais dans un lieu, je me demandais si ça résonnait. Comme il y a eu un super retour des gens, j'ai continué et j'ai tiré le fil de l'écho et ça m'a inspiré cette chanson. C'est plutôt les gens qui m'on inspiré l'idée de l'écho.

Le titre de l'EP Echos au pluriel, c'est aussi pour reprendre cette idée-là ?

Exactement ! L'idée quand j'écris une chanson, c'est de raconter une histoire et j'espère toujours qu'elle fasse écho à la personne qui va l'écouter. Puis toutes ces chansons font écho en moi aussi, d'un certaine manière, donc je trouvais qu'il n'y avait pas d'autre titre que je pouvais donner à cet EP qu'« écho » avec un « s ».

Il y a un paradoxe entre la mélancolie des paroles et la joie qui découle de la musique. Est-ce que c'est voulu ce paradoxe, ou est-ce que c'est vraiment toi ?

C'est vraiment moi, et en plus de ça, je trouve ça trop triste d'écrire des choses tristes sur de la musique triste ! Par exemple « Sombre », c'est une chanson qui parle quand même d'une relation destructrice entre un homme et une femme, sauf que la manière dont cette fille en parle, la douleur devient presque une petite amie, quelqu'un qu'on accueille les bras ouverts. Je n'avais pas envie de chanter cette chanson « Sombre » sur quelque chose de sombre, j'aime bien prendre le contrepied des textes avec de la musique qu'on n'attend pas forcément sur ces textes.

Ce premier single a un accueil dithyrambique, comment as-tu ressenti le fait de passer d'un coup de l'ombre à la lumière ? C'était rapide pour toi, fulgurant ?

Fulgurant, je ne sais pas. Je ne me suis pas vraiment rendu compte de ça, j'ai juste au l'impression d'avoir enfin pu donner ce titre aux gens. Effectivement, j'étais très contente de voir le retour positif que ça a eu. Je suis un peu dans mon truc d'écrire, de faire ma musique. Une fois qu'elle sort, ça ne m'appartient plus, donc je n'ai peut-être pas vraiment réalisé ce qui c'était passé.

En France, j'ai l'impression qu'on a du mal à dire qu'une femme est auteur, compositeur, interprète. D'où ça vient, à ton avis ?

Déjà, je ne fais pas tout toute seule. Je suis auteur compositeur-interprète, mais je travaille avec une équipe. Je co-écris avec Emilie Satt de Madame Monsieur, je co-compose avec Jean-Karl Lucas de Madame Monsieur et Medeline réalise tous les titres. Je ne suis pas du tout solitaire dans ma manière de faire les choses, et au contraire, j'aime confronter mes idées. La seule chose que je mets en avant, c'est que je ne fais pas tout toute seule, c'est important pour moi de le dire.

Au niveau de l'image, le clip d'« Echo » est plutôt classique, et quand on voit les photos, il y a un côté Björk. Est-ce que ce paradoxe qui fait d'un côté diva excentrique, avec quelque chose de grandiloquent, et le côté beaucoup plus simple dans le clip est voulu ?

Dans le clip, j'ai toujours cette couronne de fleurs, et il y a quand même ces perspectives qui n'existent pas qu'on a essayé de travailler. Pour « Echo », contrairement au clip « Une larme » que j'ai sorti juste avant et qui était très léché en terme d'image, on avait envie de quelque chose de plus naturel, vu que ça se passait dans la nature. J'aime bien, il y a une part inventée, fantasmée dans le personnage de Lili Pøe, même s'il y a une énorme partie qui est moi. Il y a une autre partie que j'ai besoin d'inventer pour pouvoir livrer le package complet !

Qu'est-ce que t'inspirent ces grands espaces bucoliques ? Qu'est-ce qu'ils représentent pour toi ?

La nature, ça m'inspire quand même pas mal, dans mes textes. J'aime bien prendre le champ lexical de la nature pour parler de sentiments amoureux, ça m'inspire beaucoup. Il y a beaucoup de titres que j'ai écrits récemment dans le sud-ouest, avec la mer, les grands arbres, les océans. C'est quelque chose qui m'inspire, ce n'est pas calculé ces grands espaces, c'est juste que ça m'inspire pour le début de l'écriture.

Sur le titre « Sombre », on retrouve Disiz qui a compté pour toi, il t'a offert sa première partie à L'Olympia il y a quelques années. C'est lui rendre la monnaie de la pièce de le mettre sur ton propre projet ?

C'est normal que je le mette sur cet album ! Il n'y avait pas d'équivoque, c'était obligé. C'était un grand honneur que Disiz accepte de rapper sur cette chanson. C'est un vrai héros. Je l'aime depuis longtemps, donc le rencontrer pour partager un titre avec lui, c'est un grand honneur.

L'Olympia, c'est un but ultime ?

Toutes les salles le sont ! J'ai hâte de faire une grosse tournée, d'aller partout. Mais oui, L'Olympia est une superbe salle.

Avant d'être artiste, tu étais attachée de presse. Qu'est-ce que ça provoque de changer de rôle, de passer de l'autre côté ?

C'est juste que je sais ce que c'est d'être de l'autre côté, donc j'ai peut-être plus conscience de ce que certaines choses représentent. Sur tout ce qui est organisation, je sais un peu plus comment ça se passe.

Dans l'EP, tu nous livres 5 titres de l'album. Où en es-tu du processus créatif de cet album ? Il est prêt à sortir ou tu crées encore des chansons ?

Il y a des chansons qui sont terminées, mais je suis encore en train d'écrire des titres.

Que peut-on te souhaiter pour les semaines à venir ?

Beaucoup de concerts ! Que l'on continue à propager les échos à mort !

Lili Pøe, vient de ton prénom Pauline, y-a t'il une signification à ce « o barré » ?

Pøe, c'est comme Edgar Poe, c'est un petit clin d'oeil, et le « o barré », c'est parce que je trouvais ça joli ! (rires)

Visionnez pour finir le clip de son nouveau single « Echo » :

Pour en savoir plus sur Lili Poe :

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