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Interview
Interview de Florent Mothe
Paru le 09/12/2016 à 13:24

Florent Mothe est un artiste complet. Auteur, compositeur et interprète, il a aussi fait ses armes dans des comédies musicales à succès (Mozart l'Opéra Rock, La Légende du Roi Arthur), avant d'écrire pour d'autres, et notamment pour Céline Dion. Il s'est récemment brillamment illustré sur le parquet de Danse avec les stars. Florent Mothe revient aujourd'hui nous parler de son second album solo, Danser sous la Pluie, sorti le 2 décembre.

Bonjour Florent ! Comment vas-tu ? Qu’as tu fait depuis ta sortie de Danse avec les stars ?

Ca va bien ! Retour à la vie normale ! Je reprends mes affaires en cours. C'est bientôt Noël, donc je commence à préparer les fêtes. Et puis l'album vient de sortir donc j'ai plein de boulot. D’ailleurs, je viens fêter ça aujourd'hui avec mon label !

Tu faisais partie des 5 derniers en compétition. Pensais-tu aller si loin ?

C'est vrai que je ne pensais pas aller si loin ! En tout cas je ne savais pas ce que j'allais faire comme parcours, parce que je ne savais pas du tout me situer en tant que danseur. Je n'y connaissais rien. Donc je suis fier d'être arrivé jusque là !

Est-ce qu'il y a quelque chose qui t'a surpris dans DALS ?

C'était quand même hyper physique, parce qu'on y allait vraiment tous les jours, en moyenne entre 5 et 7 heures. C'était très difficile sur le corps. Mais ce qui m'a le plus surpris, c'est que j'ai tenu ! Je pense que c'est parce qu'il y a une énergie collective qui se propage entre les artistes, les danseurs, tous les gens de la production, de la technique, ...

C'était vraiment une expérience incroyable parce qu'on travaillait tous à monter un spectacle qui devait être nouveau chaque semaine. Et du coup il y avait une énergie presque infinie qui se renouvelait toutes les semaines. Et même maintenant, je commence à me reposer, mais ça va bien !

Passons maintenant à ton nouvel album ! C’est ton deuxième, et depuis le premier, tu as eu beaucoup d’expériences différentes. Est-ce que ça a changé ta façon de travailler ?

Bien sûr ! J'ai appris plein de choses pendant l'écriture de mon premier album, mais aussi pendant les aventures Mozart et Roi Arthur. Entre temps, j'ai aussi écrit des chansons pour d'autres. Tout ça a continué de parfaire ma formation d'auteur-compositeur. Donc je me suis très impliqué sur l'écriture. En sortant de Mozart j'avais plus de doutes : je me demandais comment on faisait un album, qu'est-ce qui était le plus important. C’est des questions auxquelles j'ai un peu répondu avec le temps. Et là j'avais juste envie de faire mes chansons telles que je les entendais. J’ai essayé de trouver un style assez moderne, dans lequel je me plaise bien, qui me corresponde.

La nuit est un thème récurrent sur cet album. C'est là que tu trouves ton inspiration ?

Ouais, je suis plutôt un oiseau de nuit ! Même si ça a tendance à changer un peu, parce que de plus en plus, j'essaie d'améliorer mon hygiène de vie. J’aime bien être en forme, c'est pour ça que DALS m'a fait du bien. Mais même si j’aime bien me lever de temps en temps à l'heure des poules, je suis souvent à l'heure des chouettes.

Après, c'était un peu le ton de l'album : ça parle beaucoup de fêtes, de sorties, de l'enfance, de la nuit, du jour... J'allais dire de la pluie et du beau temps, pas pour dire que ça parle de rien, mais au contraire, ça parle des moments parfois un peu difficiles, qu'on métaphorise par la pluie, en contraste avec le beau temps, le soleil,... Le but c'était d'être direct, franc, sincère, et efficace.

Ton nouveau single c'est "j'attends encore". De quoi ça parle ?

C'est aussi un thème un peu récurrent chez moi. Ca parle de l'ennui, de vouloir aller plus loin, d'attendre de la vie un peu plus que ce qu'on nous offre dans la société de consommation. C'est pour ça que je suis un oiseau de nuit, que je fais beaucoup la fête. Je ne suis jamais aussi heureux que quand je tombe amoureux, quand je suis vraiment avec mes amis, que je vis des moments un peu hors du temps. Ca m'arrive de trouver parfois que la vie ne nous offre pas assez de moments comme ça. La société fait un peu de nous des robots, on fait tous les jours la même chose. Ca m'arrive de trouver que je m'ennuie un peu, mais j'ai encore des envies. « Je suis pas tout à fait mort », j'ai toujours une envie, une espèce de flamme que je vais essayer de rallumer à chaque fois. C’est de ça dont parle cette chanson.

Est-ce qu'il y a quelque chose de fou que tu as envie de faire pour justement casser cet ennui ?

Déjà, j’ai fait Danse avec les stars ! C’était un pari que je ne voulais absolument pas faire avant, parce que je pensais que j'étais pas bon à ça. Je voulais bien faire de la télé, mais juste pour faire de la musique. Et puis à un moment, j'ai eu envie de faire des choses un peu folles comme ça. Les personnes qui m'inspirent, c'est souvent les fous. Comme on dit, « les fêlés laissent passer la lumière ».  Je me suis dit "fais des choses, fais DALS, refais un album, et si ça marche pas c'est pas grave, tu recommences. Et si ça marche tant mieux, tu vas t'éclater en tournée !".

As tu déjà pensé au clip de ce single, et aimerais tu faire un clip avec Candice Pascal, un peu comme Emmanuel Moire sur « Beau Malheur » à l’époque ?

Bien sûr que j'ai pensé à avoir Candice dans un de mes clips ! J'aimerais bien. De toute façon j'aimerais bien redanser avec elle. Déjà, je vais faire la tournée DALS avec elle. On n'a pas encore écrit le clip de "J'attends encore". Candice dansera dans le clip si elle a envie, déjà, mais aussi si je trouve une bonne idée pour le justifier ! Il faut que ce soit dans l'histoire. Mais ça se fera peut être sur une autre chanson d'ailleurs !

Dans "Stop", tu dis "le top serait d'être trop honnête pour être poli". C'est dur de dire ce qu'on pense ?

En effet, je pense que parfois c'est dur de dire ce qu'on pense, ou de faire ce qu'on a envie de faire. On reste poli, mais c'est un manque d'honnêteté. C'est pour ça qu'on dit « trop poli pour être honnête ». Moi j'aimerais bien arriver à faire l'inverse, arriver à être assez honnête, même si j'en deviens moins poli ! C'est pas grave !

Mais quand on fait un disque, justement, est-ce que c'est pas difficile ?

Parfois c'est un peu facile de prendre un chemin un peu lisse, commercial, de dire des choses entendues pour, soit passer plus facilement à la radio, soit faire une promo plus tranquille parce que c'est politiquement correct. Mais la maison de disques chez qui je suis, Warner, m'a laissé une liberté de ton complète. Ce qu'ils écoutent, c'est un résultat. Ils ne viennent pas en me disant « de quoi tu as envie de parler », mais plutôt « de quoi tu as parlé ? ».

"Quelle Drôle de Fille" pour moi fait écho à la chanson de Joyce Jonathan et Vianney, "Les Filles d'Aujourd'hui". Quel est ton regard sur cette « génération Tinder" qui ne sait pas ce qu'il veut ?

Mon propos, c'est bien ça, « les filles d'aujourd'hui ». Je raconte que je suis un grand romantique, que je tombe facilement amoureux,… et que les filles d'aujourd'hui justement elles n'ont plus besoin des sentiments ! Tout ça a un peu changé, maintenant les filles sont très à l'aise avec leur corps, leur sexualité, et c'est un peu rigolo parce que j'ai l'impression que les hommes sont de plus en plus romantiques. Les rôles se sont un peu inversés.

Tu as chanté "Te ressembler" devant ton père, quelle a été sa réaction ? Etait-ce la première fois qu'il l'entendait ?

Oui c'était la première fois ! Il était très fier. Je crois que mes parents en ont pleuré. Ils étaient très touchés. Ils m'ont demandé pourquoi je ne leur en avais pas parlé avant et j'ai dit que je venais de finir la chanson. J'attendais le meilleur moment. J'avoue que je stressais un peu à l'idée de lui présenter la chanson, je ne savais pas comment il allait la prendre ou ce qu'il allait en dire. Et puis j'ai écrit cette chanson justement parce que dans la vie de tous les jours, c'est des choses que j'ai peut-être un peu de mal à exprimer. Je me sers de la musique pour exprimer ça. Mais c'est connu, c'est plus facile de chanter devant une foule de 500 personnes que devant 5 personnes !

Tu as travaillé avec des personnes différentes du premier album : avec Renaud Rebillaud et LIM notamment. Comment ça s’est passé ?

On s'est rencontrés par l'intermédiaire de gens interposés. Je voulais un musicien comme moi, et un auteur comme moi, avec qui on pouvait écrire des chansons. LIM est une rencontre incroyable, il n’évolue pas du tout dans le même milieu que moi, il écrit du rap un peu hardcore. A cette époque-là, j'avais mon premier album de variété. Je crois qu'il n’aimait pas trop ce que je faisais, et je n’aimais pas trop ce qu'il faisait. Par contre, on s'est mis à parler, on est devenus très potes tout de suite. On s'est retrouvés sur plein de points. On a tout de suite écrit sur des thèmes qui nous parlaient à tous les deux. Renaud Rebillaud, je connaissais son travail sur Sexion d'Assaut, notamment Maître Gims, et Kendji. J'aimais bien le côté très commercial, il savait faire ça même en venant du rock. C’est justement ce que je veux faire, je viens du rock mais je voulais faire de la pop. On aime les mêmes groupes de rock. Et assez rapidement on savait dans quel style on voulait aller. Je n'ai pas eu peur d'aller dans son style, et je l’ai mis à l’aise. Après, j’ai écrit quelques chansons tout seul, comme "Te Ressembler", "Danser sous la Pluie", "J'attends encore". Mais sinon on a écrit presque tout l'album ensemble, tous les trois.

Tu as aussi écrit plus de textes que sur le premier, tu as pris confiance ?

Oui. Je me sentais moins en confiance à l'époque. Ca faisait un petit moment que je n’avais pas écrit. Et puis à un moment, il faut faire ce qu'on a envie de faire! J’avais envie de réécrire des textes, de dire des choses qui me tenaient à cœur. Parfois quand tu travailles avec un auteur, c'est un peu plus difficile de faire passer tes idées.

Quelle est la chanson que tu préfères, celle dont tu es le plus fier ?

Il y a plusieurs chansons dont je suis très fier. La première, c'est "Qu'est-ce qu'un homme ?", que j'ai écrite avec LIM et Renaud. On l'a faite en une nuit, une session, et on avait l'impression que c'était une grosse chanson direct. J'aime bien le thème, j'aime bien la façon dont on l'a écrite. Je me souviens que LIM a trouvé un peu plus la mélodie du couplet, moi j'ai plus trouvé la mélodie du pré-refrain, et Renaud a plus trouvé la mélodie du refrain. Il y a un peu de chacun de nous dans cette chanson.

Et après, je suis très fier de "Danser sous la Pluie", qui a donné le nom à l'album, parce que j’ai fait presque tout fait seul, musique et texte. Evidemment "Te Ressembler" parce qu'elle parle de mon papa. Et "J'attends encore" aussi, parce que c'est un thème qui me tenait à cœur. Mais en fait, je suis très fier de toutes les chansons, parce que je suis impliqué. Si elles sont sur l'album c'est que je les ai vraiment choisies.

Tu as rejoué sur scène à l’Européen, pour la première fois depuis DALS. Est-ce que ça a changé pour toi la façon de voir la scène, de te déplacer...

En ce qui concerne DALS, je ne sais pas encore ! J'ai vu des photos, et parfois je trouve que je ne me tiens pas très bien. Ce n’est pas le même travail. Mais je pense que ça va m'aider à faire ce travail là ! J'avais fait plein de concerts avant, mais c'est vrai que ça faisait longtemps que je n’avais pas fait un vrai concert d'une heure et demie. J'ai pu écrire du début à la fin le déroulé. J'avais vraiment en tête l'idée de faire ce concert où je pouvais être avec mon groupe, mes musiciens, pour présenter le nouvel album, et puis tout seul à la guitare, chanter mes anciennes chansons, celles de mon premier album, en acoustique. En même temps c'était un premier jet, la tournée ne va pas forcément ressembler à ça, je vais essayer d'aller un peu plus loin ! J'étais content de me retrouver sur scène, parce que c'est vraiment là que je me sens le mieux.

Tu as aussi chanté d'anciennes chansons qui datent de ta vie à Toronto, avant Mozart. Pensais tu que les gens les connaitraient par cœur ? Pourrais tu un jour les sortir, en acoustique par exemple ?

Oui, tout le monde chantait par cœur toutes les paroles, c'était impressionnant ! Ca fait des années que les fans me parlent de ces chansons. Même dans mon entourage, on les aime bien ! J'aimerais bien les ressortir un jour. Je ne sais pas si il faut les réenregistrer, ou sortir les maquettes comme ça. En tout cas, j'étais très fier que les gens connaissent ces chansons.

2016 était une grosse année pour toi : Céline Dion et Lilian Renaud, DALS, un nouvel album... Qu'est-ce qui t'a le plus surpris ?

J'allais te dire Danse avec les stars mais... attends, Céline Dion !

D'ailleurs, comment ça s'est passé quand on t'a dit "tu vas écrire pour Céline Dion" ?

Déjà on m'a demandé d'écrire des chansons. Elles étaient en compétition avec d'autres. Ca a été un long travail, j'ai fait 6 ou 7 chansons, il y en a eu 4 de retenues et 3 sur l'album. Donc je savais qu'elles avaient plu, mais tant que je ne les avais pas écoutées avec la voix de Céline Dion, je ne me disais rien ! Jusqu'au jour où j'ai entendu la maquette avec la voix de Céline Dion, là je me suis dit que j'étais vraiment pas loin... J'ai versé ma larme, j'étais submergé d'émotions d'entendre sa voix sur une de mes chansons. Et puis ensuite l'album est sorti, et vraiment c'était incroyable. Et puis encore après, je l'ai rencontrée sur un plateau télé, encore plus fou !

Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?

Elle m'a dit que j'étais beau ! (Rires) Ca fait plaisir, forcément. Mais surtout elle m'a dit "merci d'avoir écrit les chansons". Moi, je l'ai remerciée de les avoir chantées, forcément. Et ce jour-là, elle a chanté "Les yeux au ciel", un des titres de l'album. Pour le coup, dans ce milieu là, on est tout le temps en train de se remettre en question, on attend toujours la prochaine échéance, on attend toujours de faire mieux, on cherche toujours une preuve de sa légitimité. Même si tu as des trucs qui marchent, tu te dis toujours qu'il faut faire mieux. Mais quand Céline Dion chante une de tes chansons, là tu peux faire une petite pause et te dire que c’est pas mal. Et je ne dis pas qu’il faut se reposer sur ses lauriers, mais le prendre comme un compliment et le garder pour soi, se sentir flatté et surtout se sentir encouragé.

Et que peut on te souhaiter pour 2017 ?

Du succès pour Danser sous la pluie et une tournée surtout, parce que j'aimerais bien aller rencontrer les fans, le public. Et puis la santé et le bonheur parce que c'est ça que je cherche avant tout évidemment.

As tu un mot de la fin pour nos lecteurs ?

Merci pour tout ! Et à bientôt !

L'album Danser sous la Pluie est disponible. Florent Mothe sera en concert à la Cigale le 23 mars 2017.

Ecouter Danser sous la Pluie avec notre partenaire Deezer : 

Pour en savoir plus sur Florent Mothe :

Vous avez la parole

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