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Interview
Interview de Blondino
Paru le 29/03/2017 à 16:35

Blondino souffle un vent de fraîcheur dans le paysage musical français. Avec son premier album aérien et une voix singulière, elle vient distiller de douces notes qui vous marquent dès la première écoute. Alors qu'elle s'apprête à présenter son projet sur scène, nous avons rencontré l'artiste dans un troquet parisien afin d'en savoir plus.

Bonjour Blondino, j'aimerais qu'on commence par élucider tout de suite la question du pseudonyme...

J'ai toujours voulu prendre un pseudonyme, j'ai eu besoin de cet artifice pour prendre mes distances avec celle que je suis au quotidien. Il y a quelques temps je cherchais ce pseudonyme et je suis tombée sur un livre, dans une bibliothèque, intitulé Le grand Blondino. J'ai tout de suite été intriguée par ce titre. J'ai commencé à me raconter une histoire autour de ce "Blondino", j'aimais les contrastes qu'il m'inspirait : le chaud, le froid, le féminin, le masculin, je l'ai en fait de suite trouvé énigmatique. J'ai ensuite lu ce livre qui est drôle et très bien écrit, et dans lequel le personnage donne tout pour son art. Je pense que toutes ces raisons expliquent que mon choix se soit porté sur ce pseudonyme là !

Quelle est la part de Tiphaine, ton véritable patronyme, chez Blondino et de Blondino chez Tiphaine ?

Cela rejoint ce que je te disais précédemment à savoir que cet artifice permet un certain détachement avec celle que je suis au quotidien, et un moyen d'être plus à l'aise sur scène. Après ce que je raconte dans les chansons est tout à fait sincère et authentique. Mais le pseudonyme est une manière d'être plus à l'aise, détachée et d'aller plus loin, de se dépasser.

Quelle est la raison de ton attirance pour le sombre, la nuit, la mélancolie ?

Je ne le considère pas vraiment comme sombre mon album, après c'est ma perception des choses. Même le titre de l'album "Jamais sans la nuit" ne réfère pas à quelque chose de sombre, c'est juste que j'ai une fascination pour la nuit. Je trouve que c'est un moment intense, d'après mes expériences nocturnes diverses et variées. C'est un temps de silence, de calme, propice de fait à la création et à la réflexion. On est moins sollicité que la journée et du coup j'aime vraiment ce moment-là pour écrire notamment. Après comme la plupart de mes chansons sont nées dans ces moments-là, je passe par une palettes de sentiments, dont la mélancolie, mais ce n'était pas un calcul en soit de le faire sonner plus mélancolique que ça.

Quand on compare ton premier EP et cet album, on remarque qu'il y a un vrai travail sur la voix notamment. C'est voulu ce côté plus aérien ?

C'est assez juste ! Quand je réécoute l'EP effectivement, et avec le recul que je peux avoir dessus, je me suis dit que je voulais aller plus loin, en tous cas que le traitement de ma voix soit différent. Je voulais plus de présence, plus de chaleur. J'avais vraiment envie que l'auditeur ait comme l'impression que ce que je lui chante ou lui raconte se fasse à l'oreille finalement. J'avais envie qu'on laisse des souffles, des petits bruits de bouche, qu'on retire habituellement au moment du mixage. Pour l'instrumentalisation, à l'époque de l'EP j'étais finalement dans un mode expérimental, à la recherche de choses, en chantier. Pour l'album j'ai continué ce travail en allant chercher un peu plus loin. J'ai pris plus de temps et je pense que ça se reflète directement sur l'album.

Tu es une artiste autodidacte mais à quel moment la musique s'est imposée dans ta vie comme une évidence ?

Souvent on me pose la question de savoir à quel moment j'ai eu un déclic, et souvent je réponds que je n'ai pas le sentiment d'avoir eu un déclic ! Je chante vraiment depuis toujours, je ne l'ai certes pas dit tout de suite. Depuis que je suis enfant j'avais vraiment envie de faire de la musique et de chanter. À l'adolescence j'ai eu envie d'écrire mes propres chansons, d'y mettre mes propres mots, mes sentiments et émotions. Je me suis également acheté une guitare et un clavier, et j'ai commencé en parallèle à composer. Il est vrai que ma mère chantait vraiment beaucoup et que mon père écoute beaucoup de musique. Donc j'ai baigné dans la musique naturellement.

Tes parents t'ont encouragé sur cette voie ?

Pas du tout personne ne m'a poussé à faire de la musique. Au départ ils ont même pensé que c'était une lubie et que ça allait me passer, avant de comprendre que c'était quelque chose de très fort chez moi, ce besoin de chanter et de faire des chansons. Mais tout s'est fait très naturellement.

Quel souvenir marquant gardes-tu de ton arrivée à Paris ?

Je suis arrivée toute seule à Paris, dans un tout petit appartement. Entre Metz, la ville où je suis née et Paris, il n'y a pas de comparaison possible. Ici tout est allé très vite, j'ai fait énormément de concerts dès mon arrivée. Tu as une facilité d'accès à la culture, au cinéma, à la musique, etc. Avant il fallait que je prenne ma voiture pour faire tout ça... à Paris tu as accès à une ville en mouvement permanent, le jour, la nuit, et tu rencontres plein de gens. Les échanges sont intéressants et enrichissants.

La chanson "Bleu" semble résumer cette idée...

Non pas spécialement, "Bleu" est comme un film, avec des images courtes, assez fortes, reflet d'un moment fantasmé d'une femme assise dans un train, un salon bleu, un endroit particulier, et qui a une addiction à l'alcool, c'est ce que raconte cette chanson.

Pourquoi la couleur bleu ?

C'est une image forte qui rappelle indéniablement la couleur des néons bleus des clubs. Cette idée vient de R&D avec qui je travaille pour mes clips et surtout la chanson "Bleu" a beaucoup inspiré la photographe Dorothée Murail. Elle a eu beaucoup d'idées autour de ces nuances de bleus et surtout elle avait déjà réalisé un shooting en lumière noire. Tout entrait en cohérence avec mon univers, mes chansons et les ambiances du disque.

Étais-tu stressée à l'idée de livrer ton premier album après toutes ces années d'expérimentation ?

On s'en fait tout un monde mais finalement plus la date s'est rapprochée et plus j'étais détendue. C'est étrange ! Effectivement c'est l'aboutissement de plusieurs mois de travail et d'efforts, c'est donc un moment fort ! Et en même temps c'est un début ! Les gens vont pouvoir découvrir le projet, écouter le disque, me découvrir à travers la promotion et les concerts.

Comment se passe le travail à deux mains avec Jean-Christophe Ortega ?

Il n'y a pas vraiment de répartition des tâches, les choses se font naturellement et c'est comme un jeu de ping-pong finalement. Je vais lui parler d'une idée et lui va m'apporter l'idée d'une mélodie, de mots, de phrases. On discute très librement, on échange, et tout se fait à l'instinct. Cet album est très personnel donc c'est important de se connaître profondément pour aborder ces thèmes.

Comment comptes-tu retranscrire sur scène cet intimité et le côté aérien de ton album ?

Je pense que les choses se feront là encore naturellement, déjà par la petitesse du lieu. Le live est en pleine construction donc je n'ai pas d'idées précises. Je réfléchis à la scénographie, aux arrangements avec les musiciens, à l'ambiance. J'aimerais créer quelque chose de particulier. Après l'idée finale est encore un peu floue et en pleine construction. Le résultat sera à découvrir le 27 avril sur la scène du théâtre Les Étoiles dans le 10ème ! (rires)

L'album est là, la scène est annoncée, que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Que les choses se passent bien ! Que le public réserve un bel accueil à l'album, qu'il est envie de l'écouter, le réécouter, et que tout ceci me mène à faire de nombreux concerts. Je me sens libre dans mon travail de composition, dans mon travail au studio, je suis influencée par une multitude de genres, je ne me mets aucunes limites, et j'espère que le public appréciera ce son qui me ressemble !

Visionnez le clip de son nouveau single "Jamais sans la nuit" :

Pour en savoir plus sur Blondino :

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