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Interview
Interview de Ramon Mirabet
Paru le 04/06/2013 à 01:37

Nous avions laissé Ramón Mirabet en 2010 après sa sortie de la dernière édition de Nouvelle Star sur M6. Le charme et la voix du jeune espagnol n’avaient alors pas laissé le public indifférent. Presque trois ans plus tard, le chanteur est de retour avec son premier album, Happy Days, sorti le 7 mai dernier sur les plateformes de téléchargement légal.

A travers ce premier opus, Ramón nous propose un univers étonnant, simple, coloré, parfois jazzy, parfois folk, touchant et original. Des titres originaux composés par lui-même au fil de ses voyages, et produits en Espagne. Il a accepté d’évoquer avec nous l’aventure de son premier album.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Ramón Mirabet, j’ai 28 ans, et je suis né à Barcelone. Je suis passionné par la musique et les voyages…

On t’avait laissé il y a deux ans à la sortie de la Nouvelle Star, que s’est-il passé pour toi depuis ?

Depuis la Nouvelle Star, j’ai essayé de publier ma musique en France. Une fois que tu finis une émission comme la Nouvelle Star, tu as des contacts chez Universal, Warner et un peu partout. Donc j’en ai profité pour leur montrer ma musique… mais comme ma musique ne correspondait pas trop à ce que j’avais fait pendant la Nouvelle Star… En fait, moi j’ai un peu mal vécu l’expérience de l’émission, parce que je n’ai pas pu faire quelque chose qui me correspondait musicalement. Et du coup ma musique ne ressemblait pas trop à ce que j’avais fait dans Nouvelle Star ! Les maisons de disques ne voulaient pas s’engager sur mes chansons, donc ils ne m’ont pas donné la chance de publier ma musique.

Comme je n’ai pas trouvé de financements pour enregistrer mon premier album ici en France, j’ai décidé de retourner à zéro, de prendre ma guitare et d’aller jouer dans la rue, pour y vendre mes maquettes, et essayer d’avoir une somme suffisante pour financer mon premier album.  Après deux ans, j’ai réussi à avoir presque 20 000 euros pour enregistrer un album. Une fois mon album enregistré, j’ai remontré ma musique aux maisons de disques, et ils n’ont toujours pas accepté ! Du coup je suis rentré à Barcelone et c’est là où finalement, j’ai pu le sortir… C’est marrant parce que je n’avais pas de public là-bas, personne ne me connaissait, et c’est là qu’on m’a donné la chance de pouvoir travailler chez Warner et d’être distribué. Et voilà, mon album a démarré en Espagne, ça marche plutôt très bien, on est top 4 des ventes sur Fnac à Barcelone, dans le top 10 en Espagne sur iTunes, le single même a été le plus vendu sur en Espagne pendant la première semaine. On a déjà des dates, là on va faire un festival à Barcelone (http://www.cruillabarcelona.com/)  avec Snoop Dogg, James Morrison. Il y aura aussi Toots & The Maytals, c’est un de mes groupes préférés ! Je ne sais pas si tu connais, c’est un groupe de reggae jamaïcain. Donc oui, ça marche plutôt bien en Espagne ! Et là j’essaie vraiment de retourner en France, parce que j’aimerais bien que les gens puissent savoir que j’ai continué à travailler, que j’ai sorti mon premier album. Et même si physiquement, il n’est pas sorti parce que les grosses maisons de disques ne le trouvent pas assez commercial, l’album est désormais sur les plateformes et il peut être téléchargé légalement.

Tes anciens camarades sont eux aussi de retour en solo, je pense à François Raoult ou encore Benjamin Bohem, es-tu encore en contact avec eux ? Ce sont des gens avec qui tu aimerais travailler ?

Celui avec qui je m’entendais trop trop trop trop bien, c’était Florian Lesca ! Il avait été candidat à la Nouvelle Star en 2006, un truc comme ça.  Je m’entends bien aussi avec des gens de la production. Cette semaine on est sortis, on a déjeuné ensemble et tout.  Avec François, je m’entends trop bien mais malheureusement, on n’est pas trop en contact. Par exemple, ça fait deux semaines que je suis à Paris, on n’a pas réussi à se voir. C’est un peu compliqué parce que moi j’habite à Barcelone, j’ai fait ma musique là bas… Mais on reste en contact avec François, Luce, et Sacha aussi, qui a fait la Nouvelle Star la même saison que nous. Moi j’aimerais qu’on se voit plus, à chaque fois que je viens je leur envoie toujours un mail pour essayer de passer une soirée ensemble, mais c’est hyper compliqué, à chaque fois je rentre à Barcelone et j’ai vu presque personne !

Tu m’as demandé si j’avais envie de travailler avec eux, on n’a jamais pensé à ça en fait. Je pense que chacun essaie un peu de s’éloigner de cette étiquette de la Nouvelle Star et c’est peut-être pour ça qu’on n’a jamais parlé de travailler ensemble. Nos univers sont assez différents… Luce a fait un truc assez commercial, un peu de la chanson française, et François c’est vraiment de la chanson française aussi… moi, je ne suis pas un chanteur français donc du coup ce n’est pas naturel de faire ce genre de musique. Mais on s’entend trop bien, on parle assez souvent, on se donne des nouvelles.

Tu es espagnol, et tu t’es fais connaître en France. Pourquoi chanter en anglais ?

Mon père est musicien, arrangeur, tromboniste, et ma mère est chanteuse. Depuis que je suis né, je n’ai écouté que de la musique afro-américaine à la maison, de la musique anglaise aussi. J’aime des choses en espagnol, mais ce n’est pas la musique qui me touche vraiment. Ma façon naturelle de composer, c’est en anglais parce que c’est ce que j’ai toujours écouté. Je pense aussi que ma musique, en espagnol, ça passe pas trop… la soul en espagnol je ne la sens pas trop. C’est pour ça je l’ai fait en anglais : c’est la manière la plus simple que je trouve pour m’exprimer.

Ton premier single, « Happy Days » est sorti il y a quelques semaines. Peux-tu nous en dire plus sur cette chanson ?

« Happy Days », c’est la chanson la plus ancienne de mon album. Je l’ai composée en 2008, un truc comme ça, et à l’époque j’habitais en Angleterre. Cette chanson parle un peu de mon chemin avant la Nouvelle Star, ça parle de mes voyages, de quand je jouais dans la rue, quand je finançais mes voyages en jouant dans la rue. J’ai rencontré plein de monde, j’ai appris l’anglais, le français… Ca parle un peu de mes expériences, de quand je fais ce que j’aime, c’est-à-dire la musique, voyager. Ca me faisait vraiment plaisir de mettre cette chanson dans mon album, même si peut-être c’est la moins mature, parce que ma musique a quand même évolué depuis 2008.

J’ai aussi voulu donner ce titre à mon album parce que j’avais envie de poser cette question aux gens, « qu’est-ce qui vous rend heureux dans la vie ? ». La vie finalement c’est très court et je voulais insister sur l’importance de faire ce que l’on aime dans la vie. Ca parle de tout ça cette chanson, c’est assez simple, les paroles sont naïves, mais je voulais rester quand même positif, et parler de ce qui me rend heureux !

Le clip de cette chanson est très coloré, très travaillé. Comment s’est passé le tournage de ton tout premier clip ?

Je voulais faire un clip simple, avec pas trop de budget, mais qui soit personnel, en jouant avec les couleurs. En fait, le design de mon album, la pochette et le clip, je l’ai fait avec la même boîte de production. C’est une jeune boite de production, ce sont des amis, ça s’appelle Bokehron.  Je me sens très impliqué avec eux, parce qu’on fait un peu le même chemin : je suis un jeune de 28 ans qui essaie de financer son propre projet (dans mon cas c’est la musique), eux c’est pareil dans l’image et le son. Je pense que de nos jours, avec la crise qu’on a, la corruption et tout ça, pour les gens c’est trop difficile de démarrer un projet, que ce soit la musique ou n’importe quoi d’autre. Je pense que c’est bien d’être solidaires entre nous et essayer de s’aider pour démarrer nos projets. Donc c’était cool de travailler avec eux, je pense qu’ils ont vraiment du talent donc du coup, je pense qu’on a bien réussi à faire un truc simple avec pas trop de budget, qui soit touchant, fragile, qui soit personnel. Finalement, je pense qu’on a vraiment réussi à mélanger les images avec les couleurs et avec l’histoire que je raconte !

Tu viens de sortir ton premier album, peux-tu nous en parler ?

Du côté musical, on a enregistré ça presque en live, sans trucs artificiels. On a essayé de faire un truc vrai, fragile, très personnel. Et du coup ce sont des chansons qui partent dans des styles différents mais qui racontent des histoires de tout ce que j’ai vécu pendant toutes ces années.

Le truc le plus important que j’aimerais bien dire aux français c’est que, malheureusement, je n’ai pas trouvé de maison de disques indépendante qui puisse s’engager sur mon projet. C’est marrant comme, ayant fait une émission comme la Nouvelle Star qui était vue par 3 à 4 millions de personnes, ici où j’ai un petit public, je n’ai pas réussi à montrer ma musique parce que les maisons de disques n’ont pas trouvé ça assez commercial. Ils voulaient que ça soit en français, ou que ça soit le cliché espagnol avec des chansons en espagnol un peu ensoleillées… Enfin un truc commercial pour les français, quoi ! Moi c’est pas mon univers et j’ai pas voulu faire ça. Et voilà, je trouve un mur entre moi et les français ou les belges, le public. J’aimerais bien arriver jusqu’aux gens et leur dire que j’ai sorti un album. J’aimerais bien que tout le monde puisse lui donner une chance, l’écouter sur Internet et pourquoi pas le télécharger ? Parce que je pense que les gens seront étonnés, je ne pense pas qu’ils attendent que « Ramón de la Nouvelle Star » fasse un CD si personnel, financé avec de l’argent récolté dans la rue.

Ton univers fait parfois penser à du James Blunt (sur « Happy Days ») et parfois c’est beaucoup plus blues, brut, comme la dernière chanson de ton album « Liberation 1.0 »… Quelles sont tes influences ?

En fait, « Liberation 1.0 » est une chanson cachée. La vraie chanson, c’est « Liberation », qui est la sixième de l’album. Et « Liberation 1.0 », c’est marrant… Je voulais la mettre dans mon album pour montrer comment une chanson change depuis que je l’ai composée jusqu’à ce que je l’enregistre avec les musiciens. J’ai fait  tous les instruments avec ma voix et du coup j’ai montré ça aux musiciens… Le résultat c’est la sixième chanson. Mais là, c’est juste une petite maquette que je voulais mettre là en cachette ! C’est juste que sur Deezer ou sur les plateformes elle est mise comme une chanson.

Sinon, pour répondre à ta question, il y a beaucoup de monde qui me dit James Blunt ou John Mayer… mais tu sais, moi, je n’ai jamais écouté James Blunt, donc je ne sais pas… Il y a ce mec qui va jouer dans le festival dont je t’ai parlé, James Morrison. On m’a dit « ah tu vas l’aimer » et tout, mais je connais pas trop… En fait, je n’écoute pas trop la musique d’aujourd’hui. J’écoute beaucoup de musique électronique, le reggae, surtout la musique indé qui vient du nord de l’Europe, comme Kings of Convenience ou José Gonzàles. Ils ne sont pas très connus mais j’aime bien.

Mais mes influences, je ne sais pas ! Parce que parfois je fais beaucoup de folk aussi. Je ne sais pas, je pense que c’est un mélange de tout. A la maison, on écoutait beaucoup de jazz, beaucoup de blues, beaucoup de soul, et ma mère elle écoutait beaucoup de folk, comme Bob Dylan. Donc je pense que d’une certaine façon ça m’a influencé, et j’ai ça dans ma tête, du coup c’est ça que j’essaie d’exprimer quand je compose une chanson.

Le titre d’une chanson m’a fait beaucoup rire, « Kiwis don’t understand my friend ». D’où vient-elle ?

En fait l’histoire est assez marrante. Je voulais faire une chanson qui s’appelait « Yaourt » et je voulais chanter en faisant du yaourt ! Parce qu’ici en France j’ai trouvé trop marrant que les français appellent ça « yaourt », ce genre d’anglais qui n’est pas de l’anglais quand on compose une chanson. Et du coup, le jour où je suis arrivé au studio… c’est un des meilleurs studios en Espagne et le producteur est très connu, et du coup j’arrive là-bas et il me dit « demain tu viens avec des paroles, parce que c’est complètement pourri de faire ça ! La chanson est cool, on va faire un truc bien, mais ce serait bien que tu fasses des paroles ». En rentrant chez moi, je ne savais pas de quoi parler.
Et puis, il y a mon meilleur ami, qui était en Nouvelle Zélande, qui m’appelle. Ca faisait juste deux-trois mois qu’il était là-bas, il me racontait un peu ses histoires, ses misères : personne ne le comprenait, qu’il avait pas d’argent,… il me disait que ça se passait trop mal, mais qu’il était content d’être là-bas… En fait, quand toi tu lis le titre tu penses au fruit, le kiwi, mais en fait les kiwis, c’est les citoyens de Nouvelle Zélande ! Ca parle de ce copain qui est trop loin, qui est parti pour vivre son expérience, que personne ne le comprend parce qu’il parle pas anglais… Et il est un peu dans la merde comme il n’a pas d’argent !

Au milieu de ton album, tu reprends « Le Sud » de Nino Ferrer, que tu avais interprété sur le plateau de Nouvelle Star. Pourquoi avoir mis cette chanson sur ton album ?

En fait, quand j’ai fait la Nouvelle Star, en tant qu’espagnol, on m’avait proposé cette chanson mais on a fait un truc pas très bien… C’était pas trop ce que je voulais faire. Moi, j’avais proposé ma version mais la prod n’a pas accepté. Ca m’a un peu embêté et du coup on a fait un truc que je n’ai pas du tout aimé. Et je me suis dit : le jour où je ferai un album, je vais mettre cette chanson en français. Donc sur l’album, je l’ai reprise comme ce que je voulais faire. J’ai eu la chance que les ayant-droits, les héritiers de Nino Ferrer, acceptent, parce que normalement ils n’acceptent pas trop. Ils ont bien aimé ma reprise et je suis très content de pouvoir l’avoir dans mon album.

Tes fans français sont impatients de te revoir sur scène, des concerts sont prévus ?

Le truc c’est que j’aurai mon album distribué physiquement en France, j’aurai des dates en France si les français sont intéressés par ça, si ils écoutent l’album sur Deezer ou qu’ils le téléchargent sur iTunes ou Amazon. Moi, j’aimerais trop avoir des dates en France, mais c’est pas moi qui décide ! Ca dépend de tous ces gens : s'ils veulent que je fasse des dates en France, il faut commencer par écouter la musique, pour dire qu’ils sont intéressés, aller sur ma page Facebook ou Twitter. C’est comme ça que ça marche !

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

  
C’est un peu tout ce que j’ai dit : j’aimerais qu’ils prennent cinq, dix minutes de leur temps et qu’ils écoutent l’album. Je pense qu’ils risquent d’être étonnés, ils vont trouver un truc vraiment personnel. En tout cas, je suis content, fier d’être là avec cet album, quoiqu’il arrive ! Si les gens aiment, ils vont aimer, mon vrai univers, et s'ils n’aiment pas, alors ils n’aiment pas ce que je suis. Et finalement, je suis content d’avoir refusé toutes les propositions que j’ai eues musicalement. Parce que si j’avais fait un truc qui ne me correspondait pas, je n’aurais pas été heureux. C’est un peu ça, « Happy Days », ça parle un peu de faire ce que l’on aime, quoiqu’il arrive, et croire en nos rêves. Je pense que j’ai réussi à réaliser un album qui me correspond avec ma musique. J’aimerais trop trop trop que les gens puissent écouter l’album, qu’ils puissent le partager avec leurs familles et leurs amis, et que je puisse retourner en France !

Merci Ramon d'avoir répondu à nos questions. On rappelle que ton album Happy Days est disponible sur Deezer et en téléchargement légal sur iTunes et Amazon. Bonne continuation !

Références :

Site officiel de Ramon Mirabet !
Page Facebook officielle de Ramon Mirabet !
Compte Twitter officiel de Ramon Mirabet !

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